16 septembre 2009
New harmony

Ces temps-ci mon voisin s'entraîne à jouer au piano Le prélude de Bach, ainsi qu'une sonate de Mozart, alla turca.
Il les joue indifféremment lorsque je mange ou dors ou cuisine ou écris ou lis ou téléphone ou règle des factures. Quand crient les enfants, s'appellent les voisins du dessous, aspire l'aspi de la voisine, happe le rap les jeunes d'en face ou tentent les martinets, mon poste de radio, mon imagination de me livrer chants et histoires. Je le soupçonne même de jouer quand je ne suis pas là.
Alors que cet autre, dans une rue plus loin, que l'on peut voir par une petite fenêtre au niveau de la chaussée, atmosphère intimiste (lampe de chevet jaune, alcôve), a la délicatesse d'accompagner le chemin calme et solitaire de mes commissions à l'aller, mais aussi au retour, avec des mélodies que je ne connais pas.
15 septembre 2009
Présentation des jurés
14 septembre 2009
"Il faut se contenter de découvrir, mais se garder d'expliquer"


... Mais doublement inconscient, l'oiseau de Braque se prend pour Icare en pleine nuit.
Des nouvelles de Chama Dieumerci
Le père de Chama Dieumerci a été libéré. L’arrêté de reconduite à la frontière a été abrogé (info confirmée) et Mr Abel Gabriel a RDV à la préfecture pour un réexamen de son dossier.
Voir la et les suites ici.
13 septembre 2009
Contrastes
Par esprit de contradiction, ce ne sera pas du Willy Ronis...




(Izis, Karel Egermeier, Lee Miller)
12 septembre 2009
A afficher sur l'frigo
La 6ième édition de LA MAMAN DES POISSONS aura lieu du 16 au 22 novembre.
Parmi les auteurs ou illustrateurs que je connais, j'aurai le plaisir de revoir la belle et talentueuse Stéphanie Joire (qui fait un peu partie de ma famille ;-)), Maryse Lamigeon, François Vincent, et Jo Witek, qui inaugure cette année la toute première résidence d'auteur piscénoise.
Quant aux autres que je ne connais pour la plupart que de nom, ce sera l'occasion de faire connaissance, de découvrir de nouveaux univers. C'est fait pour cela, les salons.
Oh et puis bien sûr, n'oublions pas (Super) Flavia, qui régalera petits et moins petits avec son spectacle Lili la Maracas au pays des livres (21 novembre à 17h).

Celle-ci me signalait pas plus tard que ce matin qu'il ne faut absolument pas rater Catherine Zarcate, avec son spectacle Bazar de nuit (22 novembre à 15h).
Ce n'est pas tout ! Réservez absolument votre début de soirée du vendredi 20 novembre : à 18h, à la Gare du Nord, avec l'association Autour des auteurs, le tout premier café des auteurs organisé à Pézenas. Chacun sera invité à parler du livre qui a marqué son enfance. Bonus non négligeable : on aura même le droit de se déguiser en héros de son enfance. Osez ! Venez ! L'objectif : passer un chouette moment de partage et de fantaisie.
Et puis plein d'autres choses. Consultez le programme.
11 septembre 2009
Y croire
Les copains, le soleil et Nabila, qui ne faisait partie que de la présélection, est désormais dans la sélection de 13 titres du Prix Bouquin Malin d'Oloron Sainte-Marie. Maintenant, c'est encore aux enfants de choisir. Je suis déjà tellement contente qu'ils me lisent !
Et avec la rentrée, c'est aussi le réveil des éditeurs. Ils se préoccupent de la saison des salons. Je serai donc à Aubagne, puis à Montreuil, pour Talents Hauts. On parle des projets en cours. J'en propose d'autres. Mais contraintes de format pour l'un, pour un autre mon sujet est trop grave (combien m'ont refusé Les copains, le soleil et Nabila pour cette raison ! Ainsi que La fille qui dort. C'est incompréhensible que ceux-là n'aient pas perçu tout l'humour et l'optimisme que j'y ai mis). Mais désormais je suis sûre de moi : je sais que ce que j'ai écrit vaut le coup d'être publié. C'est toujours améliorable, bien entendu, mais ça vaut le coup. Les refus ne me découragent même plus. Je ne les prends plus personnellement, mais comme un mécanisme complexe de marketing-intérêts commerciaux-coup de coeur. Je crois encore beaucoup, malgré tout, aux coups de coeur des éditeurs. En jeunesse, quelques-uns s'y laissent encore aller. Parfois, ils en sont tout près, n'osent pas vraiment, c'est sans doute pour cela qu'il m'est arrivé des choses étranges : une éditrice qui m'écrit une lettre magnifique pour me dire qu'elle a aimé mon histoire, en finissant par une phrase où elle dit elle-même qu'elle ne sait pas trop pourquoi elle ne va pourtant pas la publier. Je garde la lettre précieusement. Une autre fois, une directrice de collection m'appelle un an après que je lui ai envoyé mon histoire, pour me dire qu'elle l'a enfin lue, adorée, mais qu'elle a changé de service et ne publie maintenant que des contes. Loin de m'énerver, ces réactions me rassurent. Je sens toute une sensibilité qui se débat derrière des impératifs clairement non dits. Clairement devinés.
C'est pourquoi, oui, je crois encore aux coups de coeur. Ils peuvent arriver à quelqu'un qui aura assez de pouvoir de décision, qui saura convaincre, ou qui saura s'écouter soi-même. Et en littérature générale ? (entendez, pour les adultes). J'aimerais beaucoup y croire aussi.
10 septembre 2009
Sélection au prix de littérature jeunesse de La Garde
Je viens d'apprendre que Les copains, le soleil et Nabila, est sélectionné pour le prix de La Garde.
Durant plusieurs mois les élèves de CM2 liront une sélection de 7 ouvrages, et en éliront un en mai. Le gagnant rencontrera ses lecteurs les 17 et 18 juin 2010.
Voici la sélection :
Marc Cantin
Têtes de mule !
Seuil jeunesse/Chapitre, 2008
Agnès de Lestrade
L’envol du hérisson
Éditions du Rouergue/ZigZag, 2009
Hanno
Tolstoï, un conte de fées
Actes Sud junior/Cadet, 2008
Florence Hinckel
Les copains, le soleil et Nabila
Gallimard jeunesse/Folio junior, 2009
Agnès Laroche
Tim-sans-dragon
Oskar jeunesse/junior, 2008
Anne Thévenin
Le samovar et autres histoires
Grasset jeunesse/Lampe de poche, 2009
Hélèna Villovitch
À la fraise
L’école des loisirs/Neuf, 2009
09 septembre 2009
Ouvrir aux rainures

08 septembre 2009
Prochainement
RENCONTRE AVEC
DOMINIQUE CONIL
Autour de son roman
EN ESPÉRANT
LA GUERRE
Actes Sud 2008
Vingt ans après, un jeune journaliste est envoyé dans le Sud de la France pour revenir sur une affaire judiciaire. Celle d’un braquage raté et d’une cavale. Si Pierre a disparu, sa compagne Anne est bien là. Elle l’attend, ou fait tout comme, et n’a aucune envie de raconter son histoire. Ce roman illustre l’engagement d’une vie sans défendre d’autre cause que celle de la liberté individuelle.
Journaliste, Dominique Conil a tenu la chronique judiciaire à Libération avant d’être grand reporter puis critique littéraire.
Un premier roman qui a déjà reçu trois prix littéraires.
Samedi 19 septembre - 18 H 30
Hôtel Flottes de Sebasan
Place Gambetta
Pézenas
(Entrée libre et ouverte aux non adhérents)
Renseignements : auxlivrescitoyens@yahoo.fr
Tel : 04 67 98 27 41
Prochaines rencontres : Alain Desjardin, Philippe Grimbert, Régis Descott, Karima Berger
07 septembre 2009
Alice par Jan Svankmajer
On trouve parfois une porte trop petite pour soi, et un paysage trop grand derrière.

Même si on se laisse tomber, on se rend vite à la raison : on est rarement à la hauteur.
Mais après bien des épreuves, on a appris à nager dans la mer de ses regrets.
Pour avancer il est nécessaire de se lester,
abandonner
derrière soi
quelque chose de soi.
Grandir.
Ou diminuer.
Mais jamais disparaître.
Là.
Pour qui veut de ce nouveau soi.
(Vous qui avez grandi ou diminué aussi)
05 septembre 2009
Shoji Ueda




04 septembre 2009
Les enfants ne sont pas des statistiques
"Le ministre a cependant indiqué que l'enfant pouvait, parmi d'autres possibilités, être reconduit avec son père dans le pays d'origine de ce dernier, bien qu'il soit né en France. Une option qui va dans le sens des déclarations du ministre de l'immigration vendredi matin sur LCI. Besson y assurait que les objectifs de reconduite à la frontière seraient atteints." (site de LCI)
03 septembre 2009
Une rentrée moins dans la joie
La rentrée ne se fait pas dans la joie pour tout le monde. Et pour certains enfants, elle ne se fait pas du tout.
Voici la lettre que je vais envoyer, jointe à mon livre Les copains, le soleil et Nabila, au préfet de Seine-Saint-Denis.
Tous les détails de cette action initiée par l'auteur jeunesse Thierry Lenain, avec RESF bien sûr, ici.
Monsieur le Préfet de Seine Saint-Denis,
Je voudrais aider M. ABEL GABRIEL à constituer la bibliothèque
de son fils, Chama Dieumerci. Mais je ne sais pas où le joindre. Aussi
je me permets de vous confier ce livre pour que vous le lui fassiez
remettre. Vous êtes en effet celui qui a entre ses mains la vie de ce
père et de cet enfant.
Je profite de cet envoi pour vous demander instamment et avec
confiance d’user de votre pouvoir discrétionnaire pour abroger
l’arrêté préfectoral de reconduite à la frontière de Mr ABEL GABRIEL,
pour prononcer sa régularisation et ainsi permettre à ce père et son
fils de 6 ans né en France de se retrouver et de vivre ici, en paix,
parmi nous.
Respectueuses salutations.
Vous aussi, vous pouvez signer la pétition, envoyer l'image Chama Dieumerci ou envoyer un livre au préfet. Lettres et images et pétition en liens sur le site.
Chama est loin d'être le seul dans cette situation. Les cas ne cessent de se succéder depuis des mois. Cette action pour Chama n'est qu'une parmi beaucoup d'autres (voir le site de RESF). Participons d'une façon ou d'une autre à l'une, à l'autre ou aux unes et autres. Il s'agit d'enfants.
Rentrée dans la joie
Hier, pour éloigner le stress de la rentrée pour les enfants, on a regardé Les demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy, que Boucle d'Or avait choisi à la médiathèque.
C'était un grand bonheur de redécouvrir ces morceaux de joie pure, contenue dans un mélange de ridicule et de sexy aux couleurs éclatantes. Les jeux de mots pourris parfaitement assumés ("Je vais en perm à Nantes"). La légèreté constante même face à un découpeur de femme, très propre tout de même puisqu'il a rangé les morceaux dans une malle, le charme trouble de ces garçons efféminés (un Jacques Perrin péroxydé), l'exhibitionnisme des filles.
Bref, ça a marché, Boucle d'Or a dansé longtemps après ça. Je la soupçonne de se prendre pour Catherine Deneuve. Ange, lui, s'est endormi sur mon ventre à peu près dans les vingt premières minutes.
Voici un extrait que j'aime beaucoup. Les deux hommes qui dansent avec Deneuve et Dorléac : il s'agit de Georges Chakiris et Grover Dale. Qui ça ? Eh bien le Bernardo des Sharks et le Snowboy des Jets, dans West Side Story. Beaucoup de mal à les reconnaître, d'abord parce qu'il ne s'agit pas de leurs voix, mais de celles de bons français, ensuite parce que Demy a réussi la performance de transformer le félin et tragique Bernardo en un Etienne d'une fadeur étonnante. On fait ce qu'on veut des acteurs, au cinéma (notons un Gene Kelly qui conduit une voiture avec une adresse éblouissante).
Voici la vidéo où Bill (comme bilboquet) et Etienne (comme tout le monde) chantent Nous voyageons de ville en ville. Je suis tombée sous le charme de ces deux acteurs-danseurs déclassés là, très ambigus, dont on a volé jusqu'à la voix, et réduits à une chorégraphie assez loin en qualité de celle de West Side Story. Au-delà du ridicule des costumes, j'ai aimé noter les différences entre les gestes finis et maîtrisés de Chakiris et les ponctuations généreuses ajoutées à ceux de Grover Dale dans un mouvement de cheveux. Toute une orientation différente chez ces deux-là, tout aussi ambivalente, tout aussi trouble et séduisante.
Et, non, je ne parlerai pas de la grippe A... tchoum !



