12 novembre 2008

Rencontre

Parmi mes rencontres calédoniennes, il y avait Annick Le Bourlot. De ces personnes dont l'empathie et la joie sont discernables au premier regard, au premier serrement de mains, à tout un faisceau d'indices qui, personnellement, me met immédiatement en éveil, et me place en position de reconnaissance.

Je n'ai eu l'occasion d'échanger que quelques mots avec elle, hélas.

Je suis donc heureuse d'avoir en quelque sorte de ces nouvelles par le biais de cet article des Nouvelles Calédoniennes (merci Brigitte !). Je vous en conseille la lecture : des destins pareils sont très révélateurs de la richesse humaine de la Nouvelle Calédonie. Et j'aime beaucoup sa vision du monde esquissée en ces quelques lignes. Il faudrait lire son livre...

Annick Le Bourlot est aujourd’hui inspectrice d’académie, inspectrice pédagogique régionale pour la zone Pacifique.
Ce n’est pas un hasard : en pleine préparation des transferts de compétence, et à l’occasion du salon du livre organisé la semaine dernière dans le cadre du premier Forum francophone du Pacifique, l’inspectrice de français Annick Le Bourlot s’adresse « Aux bâtisseurs de l’école de la réussite. »

Elle était condamnée à ne pas vivre, et condamnée à ne pas réussir. Née prématurée dans la jungle alors que sa mère était en marche vers un camp Viêt Minh, elle a survécu. Enfant dans la guerre du Vietnam puis d’Algérie, pensionnaire-prisonnière à Constantine, elle a étudié pour se libérer de l’angoisse du terrorisme. Une bibliothèque, de bons éducateurs, une volonté aussi, et elle a réussi. Annick Le Bourlot, la petite Maï vietnamienne, est aujourd’hui inspectrice d’académie, inspectrice pédagogique régionale pour la zone Pacifique. Basée à Nouméa.
Elle le doit, dit-elle, à l’école française. Et son destin hors du commun l’autorise à dire qu’elle aime à voir dans l’Éducation nationale, et dans l’école calédonienne, le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, à l’inverse de ceux qui aiment à tenir ou à entendre les discours sur l’échec scolaire.
Aux bâtisseurs de l’école de la réussite, qu’elle vient de publier aux éditions Sceren (Centre de documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie) est donc clairement une profession de foi, un hommage aux enseignants, à ces professeurs de français « qui œuvrent dans l’ombre, par passion, par conviction ou par choix de vie. »
Il est temps, estime Annick Le Bourlot, « que les évaluations et bilans fassent aussi mention des réussites, parallèlement aux statistiques accusatrices, aux multiples études et ouvrages sur l’échec scolaire. C’est dans cette perspective que s’inscrit mon témoignage, en hommage à l’école de la République. »

Assise au fond d’une classe, elle écoute. Elle est moins là pour inspecter que pour conseiller.

Cette école, et particulièrement celle de Calédonie, Annick Le Bourlot la connaît bien. Cent fois par an, elle va s’installer au fond d’une classe, souvent de collège. Elle écoute l’enseignant, elle écoute les élèves, elle regarde les classeurs et le cahier de texte. Elle est moins là pour inspecter et juger que pour conseiller, pour aider. C’est ainsi, dit-elle, qu’elle conçoit sa mission. Et elle est bien plus souvent sollicitée, ajoute-t-elle, pour son rôle de formation que pour la note pédagogique qui va avec.
Cette expérience nourrit son ouvrage. Au-delà de réflexions plus générales sur l’éducation, de récits de rencontres avec des enseignants ou des parents, Annick Le Bourlot propose des descriptions de cours, des textes de séquences, quelques bonnes recettes pratiquées ici et là, d’Auteuil à Hienghène, de Normandie à Maré, pour faire vivre l’enseignement du français.
Elle évoque le rôle moteur de la poésie qui transgresse les codes et débloque l’imaginaire, l’utilité des séances orales pour impliquer les enfants et les mettre en situation de tâter avant de construire par eux-mêmes, l’attrait culturel des jeunes kanak pour les mythes, l’art de traverser le miroir de la fable, l’extraordinaire expérience de Canala pour réconcilier le français et le xâracùù, les auto-évaluations qui commencent à émerger ou encore les trésors d’imagination des professeurs de Petro-Attiti pour faire vivre la littérature en lycée professionnel.
Si elle respecte les enseignants, ces professionnels « généreux qui prennent en charge une population hétérogène et multiculturelle », Annick Le Bourlot aime autant les enfants de l’école calédonienne. Ils sont, dit-elle, généralement « heureux d’être en classe, dans une école qui reste un sanctuaire ».
Tout dépend, évidemment, du charisme de l’enseignant, de la cohésion de l’établissement, souvent liée à la personnalité d’un principal ou d’un proviseur. « Notre principale richesse, affirme-t-elle, est dans nos ressources humaines. Il faut que les efforts de nos enseignants soient soutenus et nous avons besoin que nos responsables politiques nous aident. »

« Mal à la francophonie »
Le public de la soirée d’ouverture du Forum francophone de la semaine dernière était presque exclusivement européen ; et lors d’une table ronde, le français y a été qualifié par des écrivains calédoniens ou polynésiens de « langue du colonisateur ».
Pour une inspectrice de français, qui sait que les plus grands défenseurs de la diversité culturelle francophone ont été ou sont africains, antillais, algériens, tunisiens ou vietnamiens, voilà qui fait mal. La francophonie, plaide Annick Le Bourlot en reprenant l’image de l’Antillais Edouard Glissant, est comme un rhizome dont les racines tissent sous terre un réseau horizontal et jettent parfois des pousses vers le ciel et l’universel. Il n’y a pas, dit-elle « une langue française mais des langues françaises. Un Breton, un Alsacien, un Occitan n’ont ni la même langue, ni la même vision du monde. Le français calédonien, lui aussi, est riche d’un lexique qui fait sa couleur, et les élèves sont talentueux pour l’utiliser en poésie. »
Non, estime-t-elle, le français n’est pas « la langue des blancs ». Et ceux qui, personnalités ou parents d’élèves ayant réussi par la langue française, en font aujourd’hui le procès ne font rien moins que « fermer la porte aux autres ».
C’est ainsi que la Calédonie se fait Pénélope, occupée à détricoter la nuit ce qui a été tissé par d’autres le jour. Peut-être, dit Annick le Bourlot, « par manque de guides spirituels comme Césaire ou Senghor, qui savaient que les discours de la haine ne servent pas l’humanité ».

11 novembre 2008

Cerisiers japonais

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(Edouard Boubat)

10 novembre 2008

La vie mode fenêtres

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(Paul Himmel)

Fenêtres, Beijing, 1957-riboud.jpg
(Marc Riboud)
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La polygraphie du cavalier : ordre dans lequel on peut se déplacer dans les pièces de l''immeuble (c'est-à-dire dans les chapitres) de La vie mode d'emploi, de Pérec.

On est libre de lire sa vie exactement comme cela.

08 novembre 2008

Aimer

Elle poursuit ses réflexions : aimer, verbe transitif.
Etre amoureuse, verbe d'état.
Certes, on dit : être amoureuse de Complément d'Objet Indirect.
Aimer Complément d'Objet Direct.
Objet, donc.

Aimer indique une action, un mouvement, une dynamique, un élan vers.
Etre amoureuse semble pouvoir rester inscrit en soi-même.
Etre amoureuse implique toujours un sujet, puisqu'il désigne un état.
Etre amoureuse serait un sentiment individuel qui tourne autour de quelqu'un.
Un chérissement de l'autre en soi-même. Ou de soi-même en l'autre ?
Aimer semble davantage dégagé du sujet.
Aimer serait un sentiment universel.
Moins tourné sur soi.

Qu'en est-il de l'objet ? Pardon, l'être aimé ?
On peut dire : être amoureuse, point.
Ou aimer, point.
A la ligne.
L'être aimé existe-t-il vraiment ? Est-on bien sûr d'aimer ce qu'il est vraiment ? Comment être sûr de savoir de quelqu'un ce qu'il est vraiment ?
C'est impossible.
Comment peut-on alors l'aimer ? On ne peut aimer de lui qu'une image. Au mieux, le paysage qu'il ouvre devant nous.
Il est merveilleux ce paysage lorsque l'autre nous laisse nous y promener.

Amour.

Elle comprend soudain : aimer ne peut avoir ni sujet ni objet.
Seul le sentiment existe.

aime
aimes
aime
aimons
aimez
aiment

Et. C'est. Tout.
Au départ, c'est une déception.
Défilent devant ses yeux des couples mythiques d'amoureux : RoméoJuliette, TristanYseult, PabloDora, CamilleAuguste... Ils se sont aimés. On les reconnaît comme amoureux parce que c'était lui, parce que c'était elle. Des personnes bien définies. On les imagine enlacés, embrassés. Ils s'aiment. Chacun de nous ne rêve que de cela, de ce semblable-là. Inconsciemment, nous rêvons de mandolines et de balcons, d'amour à mort, de serments et de promesses, d'yeux dans les yeux et de coeurs pleins.
Coeurs pleins.
D'amour.
Id est : être aimé.
Ah ah.
Dans ces amours-là, il faut être aimé en retour.
Et hop là en une seconde les choses se sont retournées, déformées : d'aimer on est passé à être aimé.
Sans être aimé, il semble que cela ne vaille pas la peine d'être vécu.
Voilà d'où vient la déception.
On sent bien que si l'on néglige sujet et objet, on néglige du même coup le fait d'être aimé.
Une vie élevée aux contes de fées s'écroule soudain.

Il faut s'en relever.
Aimer.
Apprendre à remplir son coeur de ce sentiment.
Point.
Mais surtout :
à la ligne.

Soir d'élection...

... Soir d'émotions.

L'agence Magnum a saisi heureux et affligés :

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(Peter Van Agtmael, en Virginie)
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(Christopher Anderson, en Arizona)

07 novembre 2008

Les Ménines que l'on ne nomme pas

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"Or, exactement en face des spectateurs - de nous-mêmes-, sur le mur qui constitue le fond de la pièce, l'auteur a représenté une série de tableaux ; et voilà que parmi toutes ces toiles suspendues, l'une d'entre elles brille d'un éclat singulier. Son cadre est plus large, plus sombre que celui des autres ; cependant une fine ligne blanche le double vers l'intérieur, diffusant sur toute sa surface un jour malaisé à assigner ; car il ne vient de nulle part, sinon d'un espace qui lui serait intérieur. Dans ce jour étrange apparaissent deux silhouettes et au-dessus d'elles, un peu vers l'arrière, un lourd rideau de pourpre. Les autres tableaux ne donnent guère à voir que quelques taches plus pâles à la limite d'une nuit sans profondeur. Celui-ci au contraire s'ouvre sur un espace en recul où des formes reconnaissables s'étagent dans une clarté qui n'appartient qu'à lui. Parmi tous ces éléments qui sont destinés à offrir des représentations, mais les contestent, les dérobent, les esquivent par leur position ou leur distance, celui-ci est le seul qui fonctionne en toute honnêteté et qui donne à voir ce qu'il doit montrer En dépit de son éloignement, en dépit de l'ombre qui l'entoure. Mais ce n'est pas un tableau : c'est un miroir. Il offre enfin cet enchantement du double que refusaient aussi bien les peintures éloignées que la lumière du premier plan avec la toile ironique..."

"...le miroir, lui, par un mouvement violent, instantané, et de pure surprise, va chercher en avant du tableau ce qui est regardé, mais non visible, pour le rendre, au bout de la profondeur fictive, visible mais indifférent à tous les regards."

Des pages superbes sur le tableau de Velasquez : Michel Foucault dans Les mots et les choses.

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(Picasso)

06 novembre 2008

Une autre facette du monde

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Envie de remercier toute l'équipe de Livre Mon Ami, bénévoles, tous si généreux et dévoués à la cause littéraire et enfantine. Brigitte, Evelyne, Nicole, Bernard, Eliane, et leurs conjoint(e)s, et tous les autres : un immense merci pour ce que vous êtes et donnez.
Pas encore eu l'occasion non plus de rendre hommage aux bibliothécaires, qui jamais ne se mettent en avant, et oeuvrent tant pourtant.
Sans oublier "monsieur Hachette".
Et les mécènes : tout l'argent du monde financier ne se déverse pas dans les trafics boursiers, parlons-en, montrons que c'est possible, ça l'est, la preuve !
Il n'y a pas que les élections américaines qui rendent enthousiaste et laissent croire... au Père Noël ? Voyez combien on a encore peur d'être optimiste.
Il suffirait peut-être que les médias relaient davantage cette autre facette du monde : la positive...

Et deux autres articles :
Photos de la province sud :
Et témoin d'un marathon ! :
(article contenant auteure avec un e ! Serait-ce l'effet Obama qui s'étend aux autres "minorités" - terme qui me laisse toujours perplexe- ? Youpi !)

04 novembre 2008

Etre une zoreille


sautguerrier.JPG"Une rencontre, c'est le rendez-vous secret de deux hasards" écrit Jo Hoestlandt dans l'album jeunesse À pas de louve.
Une rencontre, c'est d'abord un événement. Le philosophe Gilles Deleuze, dont les concepts ne sont pas du tout incompatibles avec les avis d'auteurs jeunesse, a beaucoup parlé de cela.
Selon lui, la meilleure manière de le considérer, c'est de "remonter l’événement, s’installer en lui comme dans un devenir, rajeunir et vieillir en lui tout à la fois, passer par toutes ses composantes ou singularités. "
Il écrivait encore : "Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire."
Un écrivain est tout à fait capable de faire une histoire à partir de ces choses délicates dont il ne faut pas faire d'histoires : là se situent les miracles et les bons livres.
Gilles Deleuze n'aimait pas voyager. Il préférait les voyages immobiles. Chacun peut comprendre cela, a fortiori s'il est philosophe ou romancier ou rêveur.
Voyager, à la limite pour vérifier si c'est bien comme on le pensait. Voilà ce qu'il disait.
C'est vrai : à quoi bon voyager aujourd'hui, alors qu'Internet et tous ces médias nous transmettent tant d'images, tant d'informations sur chaque coin du globe ? À quoi bon crapahuter à l'autre bout de la terre, puisque les rencontres et les événements sont là, tout près, si l'on sait bien regarder, bien sentir, bien les saisir ?
C'est vrai, cela ne sert à rien.
Pourtant, j'aime voyager.
J'aime voyager des deux façons : physique et immobile. Je crois qu'elles sont aussi compatibles que Gilles Deleuze avec Jo Hoestlandt. Je crois qu'elles peuvent se stimuler l'une et l'autre. On pourra m'accuser de paresse au quotidien, mais c'est humain : chez moi je finis par avoir du mal à saisir les événements. Sans doute parce que je suis mère de famille et, de plus, non philosophe. Se décentrer permet de bousculer un peu ses perceptions, redevenir sensible.
Pour se décentrer, je ne connais rien de mieux que l'écriture ou les voyages. Le summum étant de mêler les deux.

Je reviens tout juste d'un voyage hors du commun : j'étais invitée en Nouvelle-Calédonie dans le cadre du prix jeunesse Livre Mon Ami. Dès le début, ce voyage était placé sous le signe de la rencontre : je venais pour "rencontrer" mes jeunes lecteurs. C'était de bon augure.
Des lecteurs vivant à 22000 kilomètres de chez moi... Chère Jo Hoestlandt, difficile de penser au hasard ! Et pourtant...  Un jour, j'ai écrit un livre intitulé La guerre des vanilles. Je crois qu'on écrit toujours par hasard. On lit aussi par hasard. Les hasards d'une écriture et d'une lecture allaient ainsi se rencontrer. Je ne serais pas déçue. Mais j'y reviendrai.
La première rencontre lorsqu'on se rend dans un autre pays est celle d'un paysage avec soi. Cela commence au travers du hublot d'un avion. Nous sommes tout engourdis par plus de 20 heures de voyage, mais nous nous réveillons vite avec cette émotion : paysage vert et vallonné, lagons en camaïeu de bleu... Le désir d'un paysage. Nous y sommes.
Ne pas se tromper, alors. Ne pas seulement longer l'événement, mais s'y lover. La tentation est grande de passer à côté, si l'on ne s'oublie pas soi-même. Étrange réflexe que nous aurons à vouloir SE faire photographier devant le bleu de l'océan, les pieds posés sur le sable fin, adossé à un cocotier. Méfiance : nous voulons donner la preuve, aux autres, au monde, que nous sommes bien là, dans la carte postale. Nous voulons en garder le souvenir : ce sourire photogénique n'était pas loin du tropique du capricorne, si si. Mais à ne penser qu'aux photographies, grand est le risque de ressentir un vide infini lorsque nous nous y pencherons une fois rentré. Qu'aurons-nous alors vécu ?
Se lover dans l'événement, ce serait jeter l'appareil photo. Ou bien photographier uniquement ce qui nous aura émus. Mais c'est souvent indicible autant qu'invisible. Qu'est-ce qui nous émeut ? Justement ce qui se différencie des cartes postales. Les odeurs, d'abord. Celles des alizés, iode des embruns, fleurs de frangipanier, eau de coco, vanille de Lifu... Ce que l'on voit d'insaisissable : couleurs, mouvements, battements d'ailes, sauts dans l'océan, surgissements... Ce que l'on entend : vagues, oiseaux, brises, feuillages, cris, langues, murmures, bruissements... Là sera le hasard : ce qui dans l'étrangeté nous touche.
Ensuite, "rencontres" programmées avec les classes. A priori aucun hasard non plus là-dedans. Mais mais mais... Laissons-lui place, soyons attentifs... Et les événements, à chaque fois, pointeront le bout de leur nez. Un regard, un sourire, un mot. Il y en eut beaucoup. Beaucoup, beaucoup plus que je ne l'aurais cru. Il semble que la rencontre de mes lecteurs avec mon livre fut génératrice d'émotions. Émotions qu'ils m'ont rendues, avec tant de générosité ! Parler de toutes ces rencontres serait trop long. Mais les plus belles résident dans les devenirs : lorsque j'ai perçu quelque chose qui a germé et qui va continuer à grandir dans l'âme d'un enfant.
Puis ce furent toutes les autres rencontres, celles dont le véritable hasard créa l'événement. Les histoires que l'on m'a racontées. Des vies entières mêlées à l'Histoire. Échanges, empathies, partages... Émotions lors de l'écoute d'une rupture, d'un tiraillement identitaire. Humilité face à cette confiance accordée. Lumières d'une musique, d'une voix, d'un tressaillement, d'une religion même sans dieu.
Qu'est-ce qui fait que l'on recueille davantage ces confidences lorsqu'on est ailleurs ? Peut-être justement parce que l'on vient d'ailleurs. Si l'on nous appelle zoreille, autant en tirer parti : je serai votre oreille, je vous écoute. Votre culture, votre coutume, vos paroles et vos histoires, vos sentiments et vos contradictions, vos regards et vos sourires, je les accueille. Inévitablement, alors, nous nous rencontrons.

On revient riche de ces rencontres. On est toujours d'accord avec Jo Hoestlandt. Ce furent les rendez-vous secrets de hasards allant par deux. Et l'on est aussi toujours d'accord avec Gilles Deleuze : on a à la fois rajeuni et vieilli, on s'est installé dans ce devenir des événements. À tel point que l'on se dit : pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? On se promet alors : même ici, chez nous, hors étrangeté, faire preuve d'autant d'accueil, d'autant d'écoute. Etre une zoreille en son pays.

31 octobre 2008

Retour sur Tiabet

Toutes les photos de cette note sont de Bernard Billot, alias Papou, auteur-illustrateur d'albums pour enfants, et qui en tant que membre de l'association Livre mon ami m'a accompagnée à Tiabet, Poum, Poindimié.

Je reviens sur Tiabet car j'ai désormais ces photos, plus parlantes que des mots.

L'accueil à l'école avait été chaleureux :

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La rencontre avait eu lieu sous des cheveux d'ange :

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Ensuite, la directrice de l'école nous a menés vers la maison commune, en face du temple (ici, les tribus sont soit catholiques, soit protestantes, suivant les missions qui y sont venues, mais elles restent, en même temps, fidèles à leur coutume). Là, nous attendait toute la tribu. Et une surprise de taille : la danse d'accueil des jeunes hommes. Nous, et enseignants et élèves étions en face, à assister au spectacle :

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Les danseurs de Tiabet.jpg
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Je me souviens du moment de cette dernière photo. Ils sont restés ainsi accroupis de longues secondes, en battant des bras. Soudain l'un d'eux a éclaté de rire en disant : On va là-haut !

Puis par un geste on nous a demandé de suivre les danseurs en approchant de la maison commune. Il a fallu accomplir le geste de la coutume. J'étais un peu perdue : à qui devais-je l'adresser ? Je demande à la directrice de l'école (qui fait partie de la tribu. Seules les deux enseignantes sont de tribus voisines). Elle me désigne le petit chef de la tribu (le grand chef, lui,chapeaute plusieurs tribus d'une région), homme imposant en chemise rouge à fleurs blanches, mais ajoute que ce n'est pas à lui que je dois parler. C'est à l'homme au regard distant à ses côtés : le président de la fédération de parents d'élèves ! Normal, puisque nous représentons l'école. Il parle d'abord. C'est ce qu'on appelle les palabres, auxquels ils accordent beaucoup d'importance. Puis c'est mon tour. J'ai un manou dans les mains (un grand tissu imprimé et plié), dans lequel est inséré un billet de 1000 francs pacifiques.
J'y vais de mon petit palabre également. Lorsque j'ai terminé, le petit chef de la tribu lance un Ouiiiii, en signe d'approbation. Le président de l'APE met la main sur le manou. Chacun alors se détend, le petit chef vient me prendre par l'épaule en disant que je fais partie de la famille !
Puis c'est le festin dont j'ai déjà parlé.

Les enfants, pendant ce temps, jouent :

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Au moment de partir, une nouvelle cérémonie a lieu. Un autre geste. Ils me donnent à leur tour un manou. Je leur offre un de mes livres. Ce geste-là semble les toucher, plus que je ne l'aurais cru. Le pasteur m'adresse alors un discours très émouvant. Il explique qu'il est déjà grand-père, que lui, enfant, n'a pas eu la chance d'être porté vers les livres, encore moins la chance de rencontrer un auteur, et qu'il est très touché que je sois venue, pour apporter un peu de cela à ses petits-enfants...

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Deuxième semaine

Collège Sacré-Coeur de Bourail : un atelier d'écriture. Je leur ai demandé de se mettre à la place de l'objet de leur choix. Des textes d'une très grande qualité ! Et une jolie métaphore sur la lecture vue comme une maison que l'on construit, ou un skate-board...

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(Le bonhomme de Bourail)



Collège de Canala : Un livret sur ce que l'on reproche aux garçons et aux filles ! Et une chanson sur le poulpe et le crabe.
Un article ici : http://www.lnc.nc/articles/article_70535_230880.htm
(ce qu'a voulu dire le journaliste, c'est que je revendiquais le terme écrivaine avec un e pour une femme. Je ne revendique rien pour moi-même, et surtout pas un statut quelconque).

CM2 de La Foa : d'abord je retiens une chorale exceptionnelle...
Ensuite des questions de fond sur le livre qui prouvent qu'un travail conséquent a été fait.

Collège de La Foa : grande originalité dans l'approche. Par exemple un jeu où les prénoms d'un extrait du livre étaient effacés. Deux équipes devaient les retrouver. J'étais l'une des équipes, et ce n'était pas facile !

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(à la tribu de Oua Tom, à La Foa)


Ecole Frédéric Surleau : Des saynètes et des questions très pertinentes. Et une belle chanson sur la Nouvelle-Calédonie.

Ecole et Collège de Boulari : les premiers à avoir trouvé la chanson d'Alain Souchon d'où est extraite l'idée des vanilles et des chocolats ! Ils en ont inventé d'autres paroles. Et puis des saynètes très bien trouvées et bien jouées (et merci pour tous vos cadeaux très touchants, que je n'ai eu le temps de découvrir qu'après, complètement émerveillée par les petits mots qui les accompagnaient. merci élèves et enseignants).

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Ecole Saint-Michel et Robinson : là aussi, quelle originalité ! D'abord, un portrait chinois, ensuite questions pour un champion avec des questions sur La guerre des vanilles. Belle rigolade (sauf pour un petit garçon, que j'embrasse encore très très fort). Merci à tous.

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Collège Sainte-Marie de Païta : un projet théâtre qui, de l'avis-même des élèves, leur a permis de mieux se comprendre et de mieux s'accepter. Des paroles très touchantes là aussi. Et des saynètes formidables.

Collège public de Païta : une jolie boîte à questions, et un buffet dantesque (mais, par magie, disparu en trois secondes...)

Ecole Gustave Lods : des saynètes, une interview, et des paillettes.

Ecole Edmond Desbrosse : une danse wallisienne (j'ai adoré), des acrostiches, des saynètes avec déclaration d'amour, des cadeaux sable et coquillage... Une fin en beauté.

Aujourd'hui, dans les cours de récréation, plein de sorcières et de démons... Bon sang mais c'est bien sûr, avec tout ça j'avais oublié que c'était Halloween !

Et demain, suite du salon du livre francophone du Pacifique, à la salle d'honneur de la mairie de Nouméa (vous pourrez m'y trouver entre 10 et 12 heures).

... Avant de m'envoler...

 

Et voici le magnifique trophée décerné à La guerre des vanilles. Il représente un livre fougère. En houp, chêne rouge et cuivre brossé, il représente une crosse de fougère déroulant sa spirale vers le ciel, ornée de pages de livre comme un escalier vers la connaissance. Une sorte de « haricot magique » à la calédonienne, a expliqué l'artiste Fred Fichet :

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28 octobre 2008

Paroles

(En tribu)

- Les enfants, si un papa et une maman travaillent le même nombre d'heures à l'extérieur, pensez-vous qu'il est normal que ce soit la maman qui fasse ensuite le plus de ménage à la maison, et s'occupe plus des enfants ?

- OUIIIII ! (les garçons)

- Non ! (quelques filles)

- Pourquoi oui, les garçons ?

- Parce que ce sont elles qui ont fait les enfants ! (les garçons)

- Hé, justement, on devrait un peu se reposer, après ! (les filles)

 

*******************

- Les Vanilles, que reprochez-vous aux Chocolats ?

- Ils sont brutals. (sic)

- Les Chocolats, que reprochez-vous aux Vanilles ?

- Elles nous répondent.

Un peu la tête qui tourne !

poe.JPG Les roussettes = grosses chauve-souris (ça se mange)

Très beaux chevaux (ça se mange pas)

Cerfs (introduits pas caprice, fléau qui détruit la forêt primaire)

vaches normandes

station d'élevage

Elevage extensif

pins colonaires = clan

odeur de feu = une tribu

Le col des arabes

Le calife de Bourail

poules sultanes

chouchoutes pour christophines

toutoute pour avertir

chambranles pour protéger

manou noué = malheur noué

arbre du malheur                       garnierite

odeur de soufre                                 balafres de nickel

la maison du mort                                     ciguaterra = gratte

300 virages jusqu'à Canala                  faré

Bourail = queue de lézard                         pas de hamac ici mais nattes

Boulouparis = petit Paris                                  James Cook

récif barrière                                                  bus (prononcé à l'anglaise)

Alcool interdit de vente le week-end                              bagnan

Cagou = drôle d'oiseau qui aboie         fleur sur l'oreille droite = femme libre (à moins que ce ne soit à gauche ?)

le meilleur du monde... entier !                   vert, bleu, rouge

le faux mimosa                                    lagon

le faux tabac                            biodiversité

le taro                                espèces endémiques

les tarodières fossiles                  bougna

cocoteraie                            lait de coco

terre de violences                    les John Froom de Vanuatu

le clan Karembeu                      crabe de palétuvier

terrassements miniers           ....................................................................................................................................................................................................................................

26 octobre 2008

Première semaine


Ecole Tuband, Nouméa : des musiciens très doués et un travail d'écriture de la suite de La guerre des vanilles, avec illustrations à l'appui.

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Collège Tuband : bravo à cette petite lectrice comédienne qui a su interpréter un extrait du livre avec une grande conviction. Message pour cette lectrice, écrivaine également : je suis certaine que tu parviendras à terminer toutes ces histoires que tu as commencé.

Ecole de Tiabet : Les enfants m'ont d'abord accueillie par un chant de leur composition :

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Puis ils ont imaginé à quoi je ressemblais et en ont dessiné le portrait (conclusion : en grande majorité il semblerait que j'écrive comme une blonde !). Ils ont aussi créé une saynète dans laquelle ils ont intégré leur recherche concernant toutes les femmes dirigeantes du monde contemporain. Et enfin ils ont fabriqué un grand livre avec leur analyse de La guerre des vanilles, et des questions posées au reste de la classe (ex : pourquoi les filles aiment-elles le rose et le garçon le kaki ?). Cela a provoqué un débat très révélateur, malgré l'extrême timidité de tous ces enfants.
Bref un travail fantastique sur le livre, qui leur a sans doute beaucoup apporté.

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Le grand livre des élèves de Tiabet. La couverture est recouverte de feuilles de pandanus tressées.


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Puis leurs questions ont été posées en classe

Collège Poindimié : de belles productions écrites comme la recette pour écrire le livre parfait, ou encore des synopsis d'histoires en devenir, ou bien la représentation qu'ils se font d'un écrivain.

Exemples :

Représentation que nous avons d'un écrivain

Je pense que je connais ce mot depuis le CP. Je le comprends depuis le CE1. Moi l'image que j'ai d'un écrivain, c'est un homme ou une femme agé à peu près de 40 ans avec des lunettes, qui passe des fois des nuits blanches à écrire sur une feuille ou à l'ordinateur, assis sur une chaise, avec un café, à mordre son stylo.

Alexandre

Recette du livre parfait

Pour commencer :

- Rechercher une poudre d'humour et deux oeufs contenant des phrases drôles, et aussi un peu d'humeur.

- Mélanger le tout avec une pincée d'actions, appliquer deux cuillères qui contiennent des péripéties et l'autre des personnages et du suspense.

- Puis saupoudrer ce mélange avec des miettes d'imagination, remplir le moule d'un livre bien frais mais avant de le cuire dans le monde réel, il faut remuer avec un bon stylo de couleur noir, et maintenant faites-le cuire au degré au choix, et tout ça pour l'éternité. Et ensuite refermez-le, avec une crème fraîche de couleurs pétillantes.

(Je n'ai pas le nom de l'auteur de cette fabuleuse recette !).

Ma recette pour écrire un livre parfait

Pour commencer, prenez 500g d'imagination que vous versez dans le livre.

Saupoudrez de deux bonnes cuillères de recherches et d'un bol de savoir-faire.

Bien mélanger.

Mettre le tout en mémoire et laisser mijoter.

Quand l'histoire commence à bien mijoter, vite rajouter 200g de péripéties pour lui donner sa forme et 100g de suspense pour lui donner du goût.

Ajoutez une pincée d'intrigue et une cuillère à café de rebondissements.

Saupoudrez le tout de lettres et de mots, refermez et laissez à 180 degrés dans l'imprimante pendant une heure.

Une fois l'heure écoulée, sortez le livre du four et faites-le déguster chaud au monde entier.

Melynda

 


Ecole Yvonne Dupont, Nouméa : des saynètes formidables avec un décor très réussi (là encore quel travail !). Et merci pour le chant d'accueil.

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Ecole Henriette Gervolino, Nouméa : les élèves ont imaginé et dessiné des couvertures de la guerre des vanilles. Certains talents ne sont plus cachés.


Collège Portes de fer, Nouméa : une énergie, une joie, une ambiance fantastique émanent de ce collège ! Une mixité réussie, qui permet aux enfants de s'enrichir les uns les autres. Leur court-métrage vanilles-chocolats montre tout cela. Un élève a également écrit un sketch sur la violence à l'école, que ses camarades ont joué avec énormément de plaisir, cela s'est vu. Et ce n''est pas tout : un sondage filmé dans l'école, des exposés, c'est merveilleux de voir toute l'énergie créatrice que peut libérer l'opération Livre mon ami...

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Une corbeille vanille et chocolat !

Ecole et collège de Maré : merci pour tous vos chants, votre réécriture d'un extrait du livre avec votre vocabulaire à vous, et votre gentillesse....

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Le collège de Maré

25 octobre 2008

Aujourd'hui...

J'écris cette note en écoutant l'album de Yenu : We ! Cicango Niagu Komelei (c'est en Nengone, langue vernaculaire de Maré). Je l'ai acheté ce matin à Nouméa. Il est aussi bien que le promettait le "live" d'hier !

Photos du marché de Nouméa :

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Puis, expositions superbes au centre culturel Tjibaou, en particulier l'art aborigène, dont je suis de plus en plus fan.

Maintenant, séance architecture, spécialement pour un certain R !

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Tout un système permet aux ouvertures et à la structure de se modifier suivant le souffle des alyzées :

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Renzo Piano s'est inspiré de la nature, mais aussi des flèches faîtières qui surplombent les cases, afin de les relier au ciel :
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Et puis un article sur mon passage à Tiabet ici : http://www.lnc.nc/articles/article_70520_230436.htm
(L'expression "en chair et en os" n'est pas de moi !)

 

24 octobre 2008

Encore un peu Tiabet, puis Maré

Encore une photo de Tiabet (nord de la grande terre).
Les mamans, après avoir cuisiné un festin de christophines, crabes, poisson, bananes, manioc... continuaient à discuter debout dans la cuisine qu'elles n'ont pas quittée (la cuisine, c'est la baraque en tôle qui est derrière). Elles ont tenu à être prises en photo. J'en ai été très touchée.

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Hier, nous étions sur l'île de Maré, l'une des îles Loyauté.
C'est une île toute plate, parcourue de routes toutes droites puisque rien ne les gêne. Un seul point de vue, là où le mouvement tectonique a bouleversé la terre. A cet endroit se trouve Patho, petite commune séparée de la mer par une simple dune de sable. La faille ne se trouvant qu'à 15 km, les risques de tsunami sont grands. Mais nulle trace d'inquiétude chez ces paisibles habitants ! Une alarme a été installée il y a peu, juste au-dessus de l'école, en cas d'alerte.

Notre venue dans l'école a légèrement modifié les horaires des cours. Les enfants ont joué à la bataille d'eau durant toute l'après-midi !
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Comme ils avaient lu La guerre des vanilles, ils venaient me dire en riant : c'est les Vanilles contre les Chocolats ! (Grâce à ce titre, on m'a offert beaucoup de gousses de vanille, quelle chance).
Dans la cour, ils peuvent monter jusqu'au portail ouvert, et descendre jusque-là :
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Ensuite, Monsieur Clément Waya, conseiller pédagogique nous a fait visiter l'île, ainsi que rencontrer ses artistes.
Parmi eux se trouve un pasteur, écrivain-compositeur. Son nom de scène est Yénu, et ce qu'il fait est génial ! Nous avons eu droit à deux chansons à la guitare. Une très belle voix, de très belles mélodies : il faut que je trouve son album (qui n'est hélas pas diffusé en dehors de la Nouvelle-Calédonie).

Les décorations dans les maisons peuvent aussi être très artistiques. Ici, un rideau fait avec des bouchons de bouteille peints :
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On trouve beaucoup de cases comme ceci :

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Cela peut être considéré comme une pièce supplémentaire, mais c'est souvent le lieu de vie principal.

Et pour finir aujourd'hui, le magnifique aquarium naturel de Maré :
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Autres lieux, autres écoles, je ne vous néglige pas ! Mais ailleurs pas eu le temps de prendre des photos. Je raconterai quand j'aurai le temps.