12 novembre 2008
Rencontre
Parmi mes rencontres calédoniennes, il y avait Annick Le Bourlot. De ces personnes dont l'empathie et la joie sont discernables au premier regard, au premier serrement de mains, à tout un faisceau d'indices qui, personnellement, me met immédiatement en éveil, et me place en position de reconnaissance.
Je n'ai eu l'occasion d'échanger que quelques mots avec elle, hélas.
Je suis donc heureuse d'avoir en quelque sorte de ces nouvelles par le biais de cet article des Nouvelles Calédoniennes (merci Brigitte !). Je vous en conseille la lecture : des destins pareils sont très révélateurs de la richesse humaine de la Nouvelle Calédonie. Et j'aime beaucoup sa vision du monde esquissée en ces quelques lignes. Il faudrait lire son livre...
| Ce n’est pas un hasard : en pleine préparation des transferts de compétence, et à l’occasion du salon du livre organisé la semaine dernière dans le cadre du premier Forum francophone du Pacifique, l’inspectrice de français Annick Le Bourlot s’adresse « Aux bâtisseurs de l’école de la réussite. » Elle était condamnée à ne pas vivre, et condamnée à ne pas réussir. Née prématurée dans la jungle alors que sa mère était en marche vers un camp Viêt Minh, elle a survécu. Enfant dans la guerre du Vietnam puis d’Algérie, pensionnaire-prisonnière à Constantine, elle a étudié pour se libérer de l’angoisse du terrorisme. Une bibliothèque, de bons éducateurs, une volonté aussi, et elle a réussi. Annick Le Bourlot, la petite Maï vietnamienne, est aujourd’hui inspectrice d’académie, inspectrice pédagogique régionale pour la zone Pacifique. Basée à Nouméa. Elle le doit, dit-elle, à l’école française. Et son destin hors du commun l’autorise à dire qu’elle aime à voir dans l’Éducation nationale, et dans l’école calédonienne, le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, à l’inverse de ceux qui aiment à tenir ou à entendre les discours sur l’échec scolaire. Aux bâtisseurs de l’école de la réussite, qu’elle vient de publier aux éditions Sceren (Centre de documentation pédagogique de Nouvelle-Calédonie) est donc clairement une profession de foi, un hommage aux enseignants, à ces professeurs de français « qui œuvrent dans l’ombre, par passion, par conviction ou par choix de vie. » Il est temps, estime Annick Le Bourlot, « que les évaluations et bilans fassent aussi mention des réussites, parallèlement aux statistiques accusatrices, aux multiples études et ouvrages sur l’échec scolaire. C’est dans cette perspective que s’inscrit mon témoignage, en hommage à l’école de la République. » Assise au fond d’une classe, elle écoute. Elle est moins là pour inspecter que pour conseiller. Cette école, et particulièrement celle de Calédonie, Annick Le Bourlot la connaît bien. Cent fois par an, elle va s’installer au fond d’une classe, souvent de collège. Elle écoute l’enseignant, elle écoute les élèves, elle regarde les classeurs et le cahier de texte. Elle est moins là pour inspecter et juger que pour conseiller, pour aider. C’est ainsi, dit-elle, qu’elle conçoit sa mission. Et elle est bien plus souvent sollicitée, ajoute-t-elle, pour son rôle de formation que pour la note pédagogique qui va avec. Cette expérience nourrit son ouvrage. Au-delà de réflexions plus générales sur l’éducation, de récits de rencontres avec des enseignants ou des parents, Annick Le Bourlot propose des descriptions de cours, des textes de séquences, quelques bonnes recettes pratiquées ici et là, d’Auteuil à Hienghène, de Normandie à Maré, pour faire vivre l’enseignement du français. Elle évoque le rôle moteur de la poésie qui transgresse les codes et débloque l’imaginaire, l’utilité des séances orales pour impliquer les enfants et les mettre en situation de tâter avant de construire par eux-mêmes, l’attrait culturel des jeunes kanak pour les mythes, l’art de traverser le miroir de la fable, l’extraordinaire expérience de Canala pour réconcilier le français et le xâracùù, les auto-évaluations qui commencent à émerger ou encore les trésors d’imagination des professeurs de Petro-Attiti pour faire vivre la littérature en lycée professionnel. Si elle respecte les enseignants, ces professionnels « généreux qui prennent en charge une population hétérogène et multiculturelle », Annick Le Bourlot aime autant les enfants de l’école calédonienne. Ils sont, dit-elle, généralement « heureux d’être en classe, dans une école qui reste un sanctuaire ». Tout dépend, évidemment, du charisme de l’enseignant, de la cohésion de l’établissement, souvent liée à la personnalité d’un principal ou d’un proviseur. « Notre principale richesse, affirme-t-elle, est dans nos ressources humaines. Il faut que les efforts de nos enseignants soient soutenus et nous avons besoin que nos responsables politiques nous aident. » |
11 novembre 2008
Cerisiers japonais

10 novembre 2008
La vie mode fenêtres



08 novembre 2008
Aimer
Elle poursuit ses réflexions : aimer, verbe transitif.
Etre amoureuse, verbe d'état.
Certes, on dit : être amoureuse de Complément d'Objet Indirect.
Aimer Complément d'Objet Direct.
Objet, donc.
Aimer indique une action, un mouvement, une dynamique, un élan vers.
Etre amoureuse semble pouvoir rester inscrit en soi-même.
Etre amoureuse implique toujours un sujet, puisqu'il désigne un état.
Etre amoureuse serait un sentiment individuel qui tourne autour de quelqu'un.
Un chérissement de l'autre en soi-même. Ou de soi-même en l'autre ?
Aimer semble davantage dégagé du sujet.
Aimer serait un sentiment universel.
Moins tourné sur soi.
Qu'en est-il de l'objet ? Pardon, l'être aimé ?
On peut dire : être amoureuse, point.
Ou aimer, point.
A la ligne.
L'être aimé existe-t-il vraiment ? Est-on bien sûr d'aimer ce qu'il est vraiment ? Comment être sûr de savoir de quelqu'un ce qu'il est vraiment ?
C'est impossible.
Comment peut-on alors l'aimer ? On ne peut aimer de lui qu'une image. Au mieux, le paysage qu'il ouvre devant nous.
Il est merveilleux ce paysage lorsque l'autre nous laisse nous y promener.
Amour.
Elle comprend soudain : aimer ne peut avoir ni sujet ni objet.
Seul le sentiment existe.
aime
aimes
aime
aimons
aimez
aiment
Et. C'est. Tout.
Au départ, c'est une déception.
Défilent devant ses yeux des couples mythiques d'amoureux : RoméoJuliette, TristanYseult, PabloDora, CamilleAuguste... Ils se sont aimés. On les reconnaît comme amoureux parce que c'était lui, parce que c'était elle. Des personnes bien définies. On les imagine enlacés, embrassés. Ils s'aiment. Chacun de nous ne rêve que de cela, de ce semblable-là. Inconsciemment, nous rêvons de mandolines et de balcons, d'amour à mort, de serments et de promesses, d'yeux dans les yeux et de coeurs pleins.
Coeurs pleins.
D'amour.
Id est : être aimé.
Ah ah.
Dans ces amours-là, il faut être aimé en retour.
Et hop là en une seconde les choses se sont retournées, déformées : d'aimer on est passé à être aimé.
Sans être aimé, il semble que cela ne vaille pas la peine d'être vécu.
Voilà d'où vient la déception.
On sent bien que si l'on néglige sujet et objet, on néglige du même coup le fait d'être aimé.
Une vie élevée aux contes de fées s'écroule soudain.
Il faut s'en relever.
Aimer.
Apprendre à remplir son coeur de ce sentiment.
Point.
Mais surtout :
à la ligne.
Soir d'élection...
07 novembre 2008
Les Ménines que l'on ne nomme pas




06 novembre 2008
Une autre facette du monde
04 novembre 2008
Etre une zoreille
"Une rencontre, c'est le rendez-vous secret de deux hasards" écrit Jo Hoestlandt dans l'album jeunesse À pas de louve.
Une rencontre, c'est d'abord un événement. Le philosophe Gilles Deleuze, dont les concepts ne sont pas du tout incompatibles avec les avis d'auteurs jeunesse, a beaucoup parlé de cela.
Selon lui, la meilleure manière de le considérer, c'est de "remonter l’événement, s’installer en lui comme dans un devenir, rajeunir et vieillir en lui tout à la fois, passer par toutes ses composantes ou singularités. "
Il écrivait encore : "Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire."
Un écrivain est tout à fait capable de faire une histoire à partir de ces choses délicates dont il ne faut pas faire d'histoires : là se situent les miracles et les bons livres.
Gilles Deleuze n'aimait pas voyager. Il préférait les voyages immobiles. Chacun peut comprendre cela, a fortiori s'il est philosophe ou romancier ou rêveur.
Voyager, à la limite pour vérifier si c'est bien comme on le pensait. Voilà ce qu'il disait.
C'est vrai : à quoi bon voyager aujourd'hui, alors qu'Internet et tous ces médias nous transmettent tant d'images, tant d'informations sur chaque coin du globe ? À quoi bon crapahuter à l'autre bout de la terre, puisque les rencontres et les événements sont là, tout près, si l'on sait bien regarder, bien sentir, bien les saisir ?
C'est vrai, cela ne sert à rien.
Pourtant, j'aime voyager.
J'aime voyager des deux façons : physique et immobile. Je crois qu'elles sont aussi compatibles que Gilles Deleuze avec Jo Hoestlandt. Je crois qu'elles peuvent se stimuler l'une et l'autre. On pourra m'accuser de paresse au quotidien, mais c'est humain : chez moi je finis par avoir du mal à saisir les événements. Sans doute parce que je suis mère de famille et, de plus, non philosophe. Se décentrer permet de bousculer un peu ses perceptions, redevenir sensible.
Pour se décentrer, je ne connais rien de mieux que l'écriture ou les voyages. Le summum étant de mêler les deux.
Je reviens tout juste d'un voyage hors du commun : j'étais invitée en Nouvelle-Calédonie dans le cadre du prix jeunesse Livre Mon Ami. Dès le début, ce voyage était placé sous le signe de la rencontre : je venais pour "rencontrer" mes jeunes lecteurs. C'était de bon augure.
Des lecteurs vivant à 22000 kilomètres de chez moi... Chère Jo Hoestlandt, difficile de penser au hasard ! Et pourtant... Un jour, j'ai écrit un livre intitulé La guerre des vanilles. Je crois qu'on écrit toujours par hasard. On lit aussi par hasard. Les hasards d'une écriture et d'une lecture allaient ainsi se rencontrer. Je ne serais pas déçue. Mais j'y reviendrai.
La première rencontre lorsqu'on se rend dans un autre pays est celle d'un paysage avec soi. Cela commence au travers du hublot d'un avion. Nous sommes tout engourdis par plus de 20 heures de voyage, mais nous nous réveillons vite avec cette émotion : paysage vert et vallonné, lagons en camaïeu de bleu... Le désir d'un paysage. Nous y sommes.
Ne pas se tromper, alors. Ne pas seulement longer l'événement, mais s'y lover. La tentation est grande de passer à côté, si l'on ne s'oublie pas soi-même. Étrange réflexe que nous aurons à vouloir SE faire photographier devant le bleu de l'océan, les pieds posés sur le sable fin, adossé à un cocotier. Méfiance : nous voulons donner la preuve, aux autres, au monde, que nous sommes bien là, dans la carte postale. Nous voulons en garder le souvenir : ce sourire photogénique n'était pas loin du tropique du capricorne, si si. Mais à ne penser qu'aux photographies, grand est le risque de ressentir un vide infini lorsque nous nous y pencherons une fois rentré. Qu'aurons-nous alors vécu ?
Se lover dans l'événement, ce serait jeter l'appareil photo. Ou bien photographier uniquement ce qui nous aura émus. Mais c'est souvent indicible autant qu'invisible. Qu'est-ce qui nous émeut ? Justement ce qui se différencie des cartes postales. Les odeurs, d'abord. Celles des alizés, iode des embruns, fleurs de frangipanier, eau de coco, vanille de Lifu... Ce que l'on voit d'insaisissable : couleurs, mouvements, battements d'ailes, sauts dans l'océan, surgissements... Ce que l'on entend : vagues, oiseaux, brises, feuillages, cris, langues, murmures, bruissements... Là sera le hasard : ce qui dans l'étrangeté nous touche.
Ensuite, "rencontres" programmées avec les classes. A priori aucun hasard non plus là-dedans. Mais mais mais... Laissons-lui place, soyons attentifs... Et les événements, à chaque fois, pointeront le bout de leur nez. Un regard, un sourire, un mot. Il y en eut beaucoup. Beaucoup, beaucoup plus que je ne l'aurais cru. Il semble que la rencontre de mes lecteurs avec mon livre fut génératrice d'émotions. Émotions qu'ils m'ont rendues, avec tant de générosité ! Parler de toutes ces rencontres serait trop long. Mais les plus belles résident dans les devenirs : lorsque j'ai perçu quelque chose qui a germé et qui va continuer à grandir dans l'âme d'un enfant.
Puis ce furent toutes les autres rencontres, celles dont le véritable hasard créa l'événement. Les histoires que l'on m'a racontées. Des vies entières mêlées à l'Histoire. Échanges, empathies, partages... Émotions lors de l'écoute d'une rupture, d'un tiraillement identitaire. Humilité face à cette confiance accordée. Lumières d'une musique, d'une voix, d'un tressaillement, d'une religion même sans dieu.
Qu'est-ce qui fait que l'on recueille davantage ces confidences lorsqu'on est ailleurs ? Peut-être justement parce que l'on vient d'ailleurs. Si l'on nous appelle zoreille, autant en tirer parti : je serai votre oreille, je vous écoute. Votre culture, votre coutume, vos paroles et vos histoires, vos sentiments et vos contradictions, vos regards et vos sourires, je les accueille. Inévitablement, alors, nous nous rencontrons.
On revient riche de ces rencontres. On est toujours d'accord avec Jo Hoestlandt. Ce furent les rendez-vous secrets de hasards allant par deux. Et l'on est aussi toujours d'accord avec Gilles Deleuze : on a à la fois rajeuni et vieilli, on s'est installé dans ce devenir des événements. À tel point que l'on se dit : pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? On se promet alors : même ici, chez nous, hors étrangeté, faire preuve d'autant d'accueil, d'autant d'écoute. Etre une zoreille en son pays.
31 octobre 2008
Retour sur Tiabet
Toutes les photos de cette note sont de Bernard Billot, alias Papou, auteur-illustrateur d'albums pour enfants, et qui en tant que membre de l'association Livre mon ami m'a accompagnée à Tiabet, Poum, Poindimié.
Je reviens sur Tiabet car j'ai désormais ces photos, plus parlantes que des mots.
L'accueil à l'école avait été chaleureux :








Deuxième semaine
Collège Sacré-Coeur de Bourail : un atelier d'écriture. Je leur ai demandé de se mettre à la place de l'objet de leur choix. Des textes d'une très grande qualité ! Et une jolie métaphore sur la lecture vue comme une maison que l'on construit, ou un skate-board...
Collège de Canala : Un livret sur ce que l'on reproche aux garçons et aux filles ! Et une chanson sur le poulpe et le crabe.
Un article ici : http://www.lnc.nc/articles/article_70535_230880.htm
(ce qu'a voulu dire le journaliste, c'est que je revendiquais le terme écrivaine avec un e pour une femme. Je ne revendique rien pour moi-même, et surtout pas un statut quelconque).
CM2 de La Foa : d'abord je retiens une chorale exceptionnelle...
Ensuite des questions de fond sur le livre qui prouvent qu'un travail conséquent a été fait.
Collège de La Foa : grande originalité dans l'approche. Par exemple un jeu où les prénoms d'un extrait du livre étaient effacés. Deux équipes devaient les retrouver. J'étais l'une des équipes, et ce n'était pas facile !
Ecole Frédéric Surleau : Des saynètes et des questions très pertinentes. Et une belle chanson sur la Nouvelle-Calédonie.
Ecole et Collège de Boulari : les premiers à avoir trouvé la chanson d'Alain Souchon d'où est extraite l'idée des vanilles et des chocolats ! Ils en ont inventé d'autres paroles. Et puis des saynètes très bien trouvées et bien jouées (et merci pour tous vos cadeaux très touchants, que je n'ai eu le temps de découvrir qu'après, complètement émerveillée par les petits mots qui les accompagnaient. merci élèves et enseignants).

Ecole Saint-Michel et Robinson : là aussi, quelle originalité ! D'abord, un portrait chinois, ensuite questions pour un champion avec des questions sur La guerre des vanilles. Belle rigolade (sauf pour un petit garçon, que j'embrasse encore très très fort). Merci à tous.
Collège Sainte-Marie de Païta : un projet théâtre qui, de l'avis-même des élèves, leur a permis de mieux se comprendre et de mieux s'accepter. Des paroles très touchantes là aussi. Et des saynètes formidables.
Collège public de Païta : une jolie boîte à questions, et un buffet dantesque (mais, par magie, disparu en trois secondes...)
Ecole Gustave Lods : des saynètes, une interview, et des paillettes.
Ecole Edmond Desbrosse : une danse wallisienne (j'ai adoré), des acrostiches, des saynètes avec déclaration d'amour, des cadeaux sable et coquillage... Une fin en beauté.
Aujourd'hui, dans les cours de récréation, plein de sorcières et de démons... Bon sang mais c'est bien sûr, avec tout ça j'avais oublié que c'était Halloween !
Et demain, suite du salon du livre francophone du Pacifique, à la salle d'honneur de la mairie de Nouméa (vous pourrez m'y trouver entre 10 et 12 heures).
... Avant de m'envoler...
Et voici le magnifique trophée décerné à La guerre des vanilles. Il représente un livre fougère. En houp, chêne rouge et cuivre brossé, il représente une crosse de fougère déroulant sa spirale vers le ciel, ornée de pages de livre comme un escalier vers la connaissance. Une sorte de « haricot magique » à la calédonienne, a expliqué l'artiste Fred Fichet :

28 octobre 2008
Paroles
(En tribu)
- Les enfants, si un papa et une maman travaillent le même nombre d'heures à l'extérieur, pensez-vous qu'il est normal que ce soit la maman qui fasse ensuite le plus de ménage à la maison, et s'occupe plus des enfants ?
- OUIIIII ! (les garçons)
- Non ! (quelques filles)
- Pourquoi oui, les garçons ?
- Parce que ce sont elles qui ont fait les enfants ! (les garçons)
- Hé, justement, on devrait un peu se reposer, après ! (les filles)
*******************
- Les Vanilles, que reprochez-vous aux Chocolats ?
- Ils sont brutals. (sic)
- Les Chocolats, que reprochez-vous aux Vanilles ?
- Elles nous répondent.
Un peu la tête qui tourne !
Les roussettes = grosses chauve-souris (ça se mange)
Très beaux chevaux (ça se mange pas)
Cerfs (introduits pas caprice, fléau qui détruit la forêt primaire)
vaches normandes
station d'élevage
Elevage extensif
pins colonaires = clan
odeur de feu = une tribu
Le col des arabes
Le calife de Bourail
poules sultanes
chouchoutes pour christophines
toutoute pour avertir
chambranles pour protéger
manou noué = malheur noué
arbre du malheur garnierite
odeur de soufre balafres de nickel
la maison du mort ciguaterra = gratte
300 virages jusqu'à Canala faré
Bourail = queue de lézard pas de hamac ici mais nattes
Boulouparis = petit Paris James Cook
récif barrière bus (prononcé à l'anglaise)
Alcool interdit de vente le week-end bagnan
Cagou = drôle d'oiseau qui aboie fleur sur l'oreille droite = femme libre (à moins que ce ne soit à gauche ?)
le meilleur du monde... entier ! vert, bleu, rouge
le faux mimosa lagon
le faux tabac biodiversité
le taro espèces endémiques
les tarodières fossiles bougna
cocoteraie lait de coco
terre de violences les John Froom de Vanuatu
le clan Karembeu crabe de palétuvier
terrassements miniers ....................................................................................................................................................................................................................................
26 octobre 2008
Première semaine
Ecole Tuband, Nouméa : des musiciens très doués et un travail d'écriture de la suite de La guerre des vanilles, avec illustrations à l'appui.

Collège Tuband : bravo à cette petite lectrice comédienne qui a su interpréter un extrait du livre avec une grande conviction. Message pour cette lectrice, écrivaine également : je suis certaine que tu parviendras à terminer toutes ces histoires que tu as commencé.
Ecole de Tiabet : Les enfants m'ont d'abord accueillie par un chant de leur composition :
Puis ils ont imaginé à quoi je ressemblais et en ont dessiné le portrait (conclusion : en grande majorité il semblerait que j'écrive comme une blonde !). Ils ont aussi créé une saynète dans laquelle ils ont intégré leur recherche concernant toutes les femmes dirigeantes du monde contemporain. Et enfin ils ont fabriqué un grand livre avec leur analyse de La guerre des vanilles, et des questions posées au reste de la classe (ex : pourquoi les filles aiment-elles le rose et le garçon le kaki ?). Cela a provoqué un débat très révélateur, malgré l'extrême timidité de tous ces enfants.
Bref un travail fantastique sur le livre, qui leur a sans doute beaucoup apporté.
Collège Poindimié : de belles productions écrites comme la recette pour écrire le livre parfait, ou encore des synopsis d'histoires en devenir, ou bien la représentation qu'ils se font d'un écrivain.
Exemples :
Représentation que nous avons d'un écrivain
Je pense que je connais ce mot depuis le CP. Je le comprends depuis le CE1. Moi l'image que j'ai d'un écrivain, c'est un homme ou une femme agé à peu près de 40 ans avec des lunettes, qui passe des fois des nuits blanches à écrire sur une feuille ou à l'ordinateur, assis sur une chaise, avec un café, à mordre son stylo.
Alexandre
Recette du livre parfait
Pour commencer :
- Rechercher une poudre d'humour et deux oeufs contenant des phrases drôles, et aussi un peu d'humeur.
- Mélanger le tout avec une pincée d'actions, appliquer deux cuillères qui contiennent des péripéties et l'autre des personnages et du suspense.
- Puis saupoudrer ce mélange avec des miettes d'imagination, remplir le moule d'un livre bien frais mais avant de le cuire dans le monde réel, il faut remuer avec un bon stylo de couleur noir, et maintenant faites-le cuire au degré au choix, et tout ça pour l'éternité. Et ensuite refermez-le, avec une crème fraîche de couleurs pétillantes.
(Je n'ai pas le nom de l'auteur de cette fabuleuse recette !).
Ma recette pour écrire un livre parfait
Pour commencer, prenez 500g d'imagination que vous versez dans le livre.
Saupoudrez de deux bonnes cuillères de recherches et d'un bol de savoir-faire.
Bien mélanger.
Mettre le tout en mémoire et laisser mijoter.
Quand l'histoire commence à bien mijoter, vite rajouter 200g de péripéties pour lui donner sa forme et 100g de suspense pour lui donner du goût.
Ajoutez une pincée d'intrigue et une cuillère à café de rebondissements.
Saupoudrez le tout de lettres et de mots, refermez et laissez à 180 degrés dans l'imprimante pendant une heure.
Une fois l'heure écoulée, sortez le livre du four et faites-le déguster chaud au monde entier.
Melynda
Ecole Yvonne Dupont, Nouméa : des saynètes formidables avec un décor très réussi (là encore quel travail !). Et merci pour le chant d'accueil.
Ecole Henriette Gervolino, Nouméa : les élèves ont imaginé et dessiné des couvertures de la guerre des vanilles. Certains talents ne sont plus cachés.
Collège Portes de fer, Nouméa : une énergie, une joie, une ambiance fantastique émanent de ce collège ! Une mixité réussie, qui permet aux enfants de s'enrichir les uns les autres. Leur court-métrage vanilles-chocolats montre tout cela. Un élève a également écrit un sketch sur la violence à l'école, que ses camarades ont joué avec énormément de plaisir, cela s'est vu. Et ce n''est pas tout : un sondage filmé dans l'école, des exposés, c'est merveilleux de voir toute l'énergie créatrice que peut libérer l'opération Livre mon ami...
Ecole et collège de Maré : merci pour tous vos chants, votre réécriture d'un extrait du livre avec votre vocabulaire à vous, et votre gentillesse....
25 octobre 2008
Aujourd'hui...
J'écris cette note en écoutant l'album de Yenu : We ! Cicango Niagu Komelei (c'est en Nengone, langue vernaculaire de Maré). Je l'ai acheté ce matin à Nouméa. Il est aussi bien que le promettait le "live" d'hier !
Photos du marché de Nouméa :
24 octobre 2008
Encore un peu Tiabet, puis Maré
Encore une photo de Tiabet (nord de la grande terre).
Les mamans, après avoir cuisiné un festin de christophines, crabes, poisson, bananes, manioc... continuaient à discuter debout dans la cuisine qu'elles n'ont pas quittée (la cuisine, c'est la baraque en tôle qui est derrière). Elles ont tenu à être prises en photo. J'en ai été très touchée.

Autres lieux, autres écoles, je ne vous néglige pas ! Mais ailleurs pas eu le temps de prendre des photos. Je raconterai quand j'aurai le temps.



