« Imago | Page d'accueil | Densité en forme de plumes de paon »
15 octobre 2009
Coeur de miroir

Alors qu'en Bretagne les petites filles concentrées tentent de se muer en pierre de rocher, pour elles aussi sentir l'éternité du clapotis de la mer les effleurer, longer, entourer ou submerger, sous un ciel couleur de plomb et d'évasions grises, couvées par un phare en retrait...

... Les chaises savourent la liberté d'être inoccupées, enfin légères, prêtes à rejoindre la danse du ciel, ses évadées belles, tentant d'ignorer derrière, juste derrière, la menace d'une lourde présence verticale, faussement rêveuse, toujours encline à s'afaisser.

Souvent les chaises envient les miroirs comme celui-ci abandonné sur le sol, au pied d'un pilier : eux n'ont rien à porter, ne grincent jamais, jamais ne gémissent. Juste, ils sont. Et se moquent de ce qu'ils renvoient en reflet. Jeune femme, jeune photographe, tu auras beau le regarder, t'y mirer, l'utiliser pour tes mises en abyme, jamais tu ne vaincras leur impassibilité. Les miroirs réfléchissent sans réflexion, calmes, sans besoin, sans désir de liberté, sans fardeau, froids comme la pierre des rochers en Bretagne.
Les miroirs ont un coeur de fillette au désir minéral.
(Photographies de Florence Henri)


Commentaires
Des images étrangement intemporelles. Effet rétro? Ou authentiques années 50? je penche pour la première hypothèse, à cause du côté assez fabriqué, mais sans être sûre.
Ecrit par : Pascale | 17 octobre 2009
Ces photographies datent pourtant des années 20 ou 30. Mais il est vrai que les photos de Florence Henri étaient très construites et donnent cet air figé, presque dérangeant. Pour elle l'espace photographique était pure illusion. Son style (également en peinture) oscillait entre Bauhaus, du dadaïsme et du surréalisme .
Ecrit par : Florence | 17 octobre 2009
Ecrire un commentaire