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27 septembre 2009
étiage

(Sarah Moon)
Aujourd'hui un grand soleil rappelait l'été, avec en soirée une fraîcheur d'automne. Un paradoxe lumière/nostalgie, assise sur un banc, livre sur les genoux, enfants en galipettes dans la pelouse, observant amusée ces jeunes garçons en caleçon de bain s'ébattre dans l'Hérault en étiage. Un dénivellé sous le cours d'eau bordé d'arbres très verts permettait sur sa partie haute de le traverser de part en part, sous le pont de la voie ferroviaire. Les gamins ne s'en privaient pas, courant, plongeant. Le grand jeu fut la bataille de boue, lancers violents et jouissifs, longues jambes, cris, poursuites bras devant le visage comme pour parer le coup d'un adulte. De temps à autres l'un d'eux se lassait, restait à l'écart, tâtait l'eau du pied avant d'y plonger ou courait main dans l'eau pour en contrarier à son échelle le courant. Un peu plus tard, deux d'entre eux firent la découverte d'un grand filet qu'ils tendirent comme leurs mères tendent les draps pour les plier.
Puis un train passa, emplissant l'espace sonore, figeant le temps de ce passage leurs jeux en contrepoint du paysage. Les enfants et leur bataille ne furent soudain plus que figurants.
Le train, celui de 17h36, allait à Marseille.
Le train disparut, puis il fut temps de partir.
Au revoir canards, cygnes, pigeons à effrayer.
Au revoir jeunes garçons que j'aurais bien voulu rejoindre pour jouer moi aussi.
Au revoir joueurs de pétanque, enfants de goûter d'anniversaire.
Au revoir.
Le parc d'Agde ferme à six heures.
Il fera nuit à l'arrivée du train.


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