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25 septembre 2009

Le temps qu'il faut

Pour ceux qui se poseraient la question : oui, un plein-temps d'écriture, c'est chouette.

A vrai dire, il me semble enfin pouvoir vivre à côté. La semaine dernière, je suis allée écouter Dominique Conil à propos de son roman En attendant la guerre. Elle disait ne pouvoir écrire que le matin, au lever, puis le soir, une fois le monde endormi. Elle ne comprenait pas ceux qui disaient écrire de 9h à 16h00, par exemple. C'est pourtant bien ce que je fais peu ou prou (avec de longues pauses, n'exagérons rien). 9h-17h, c'est non seulement la tranche horaire où mes enfants sont à l'école, donc mon seul très précieux moment de libre, mais aussi celui où j'ai toujours depuis que je travaille travaillé. Avec d'autres enfants. J'ai toujours beaucoup aimé faire la classe, mais j'ai aussi toujours un peu souffert de ne pas pouvoir écrire sur ce temps-là, et de rentrer trop fatiguée pour écrire le soir ou le matin tôt. J'écris donc sur cette tranche horaire avec une sorte de jouissance proche de celle de l'écolière buissonnière. Mais aussi une forme d'obligation : je ne travaille plus tel qu'on l'entend socialement dans ce monde, je ne travaille pas non plus tel qu'on l'entend éthymologiquement (travail vient du latin tripalium, un instrument de torture à trois pieux) , mais je travaille tel qu'on l'entend lorsqu'on travaille sur soi-même, pour soi-même, puis à destination des autres, c'est-à-dire comme il n'est pas très réputé par les temps qui courent de travailler. Mais il me faut travailler, c'est un fait acquis chez moi depuis longtemps.

Lorsque ma tranche de travail se termine, je peux à nouveau voir le monde avec un regard extérieur, je vois enfin la lumière, celle qu'on a du mal à voir lorsqu'on est trop fatigué, ou préoccupé, ou stressé, ou taraudé parce qu'on n'a pas le temps de travailler pour/sur soi. Enfin, je peux profiter de vrais moments avec de vrais gens, et mes vrais enfants (pardon pour les autres, je vous ai beaucoup aimés aussi, mais  de toute façon vous me passez devant désormais comme si on n'avait pas passé de longs mois ensemble, petits ingrats que vous êtes. Allez, sans rancune !). Et enfin, mon esprit est disponible pour ces fameux 9-17h00.

Certes, ça ne nourrit pas encore sa femme, tout ça, mais pour l'instant je ne m'en soucie pas. La série pour ados sur laquelle je travaille avance honnêtement. J'essaie de trouver le bon équilibre entre l'humour et la gravité. Il y a un beau mélange de tout ça à 14 ans, si je me souviens bien.

Et pour tout dire, flûte de zut, je manque encore de temps.

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