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03 septembre 2009
Rentrée dans la joie
Hier, pour éloigner le stress de la rentrée pour les enfants, on a regardé Les demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy, que Boucle d'Or avait choisi à la médiathèque.
C'était un grand bonheur de redécouvrir ces morceaux de joie pure, contenue dans un mélange de ridicule et de sexy aux couleurs éclatantes. Les jeux de mots pourris parfaitement assumés ("Je vais en perm à Nantes"). La légèreté constante même face à un découpeur de femme, très propre tout de même puisqu'il a rangé les morceaux dans une malle, le charme trouble de ces garçons efféminés (un Jacques Perrin péroxydé), l'exhibitionnisme des filles.
Bref, ça a marché, Boucle d'Or a dansé longtemps après ça. Je la soupçonne de se prendre pour Catherine Deneuve. Ange, lui, s'est endormi sur mon ventre à peu près dans les vingt premières minutes.
Voici un extrait que j'aime beaucoup. Les deux hommes qui dansent avec Deneuve et Dorléac : il s'agit de Georges Chakiris et Grover Dale. Qui ça ? Eh bien le Bernardo des Sharks et le Snowboy des Jets, dans West Side Story. Beaucoup de mal à les reconnaître, d'abord parce qu'il ne s'agit pas de leurs voix, mais de celles de bons français, ensuite parce que Demy a réussi la performance de transformer le félin et tragique Bernardo en un Etienne d'une fadeur étonnante. On fait ce qu'on veut des acteurs, au cinéma (notons un Gene Kelly qui conduit une voiture avec une adresse éblouissante).
Voici la vidéo où Bill (comme bilboquet) et Etienne (comme tout le monde) chantent Nous voyageons de ville en ville. Je suis tombée sous le charme de ces deux acteurs-danseurs déclassés là, très ambigus, dont on a volé jusqu'à la voix, et réduits à une chorégraphie assez loin en qualité de celle de West Side Story. Au-delà du ridicule des costumes, j'ai aimé noter les différences entre les gestes finis et maîtrisés de Chakiris et les ponctuations généreuses ajoutées à ceux de Grover Dale dans un mouvement de cheveux. Toute une orientation différente chez ces deux-là, tout aussi ambivalente, tout aussi trouble et séduisante.
Et, non, je ne parlerai pas de la grippe A... tchoum !


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