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13 juillet 2009
Ombres
Au départ, j'avais décidé de photographier des voyageurs en attente.
Celui-ci, par exemple, me plaisait bien : à quoi pense-t-il, à quoi lui a servi sa serviette rouge avant d'être posée là à ses côtés ? D'où vient-il, où se rend-il ? Quelle est sa vie ? Et la magie du saisissement nous permet aujourd'hui encore de nous questionner sur cet instant au présent. La photographie se joue du temps.

Puis j'ai craint que mes sujets ne s'aperçoivent que je volais un instant de leur vie. Pour être plus discrète, je me suis concentrée sur leurs pieds.
C'est là que j'ai vu les ombres.
Les ombres se sont laissées saisir. Leur pudeur est ailleurs : elles savent cacher tant de choses. Elles ne me donnaient que ce qu'elles voulaient révéler. Un jeu s'est installé entre elles et moi. Je décidai de percer leur secret, alors qu'elles s'attachaient à n'être que des taches sombres étalées sur les dalles chaudes. Mais il me fallait faire vite : déjà, elles se dérobaient en se glissant sous les pieds, diminuées. Triomphantes.










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