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01 juillet 2009
Fausta
Je cherche pourtant, je cherche à être touchée, et j'ai tenté Etreintes brisées d'Almodovar (déçue), puis Tokyo Sonata de Kurosawa (magistrale démonstration du naufrage du monde ancien dramatiquement et simultanément mêlé à celui du monde nouveau ; beaux personnages de femmes et d'hommes mais j'en suis restée loin, peut-être à cause des facilités lyriques du scénario).
Et enfin, hier soir, avec deux amies de coeur et de culture, j'ai rencontré Fausta.



Comme pour Frida, c'est le corps de Fausta qui exprime les douleurs d'un pays.
Fausta incarne un passé collectif marqué par la terreur, mais la grâce et la lumière de la jeune Magaly Solier nous rappelle que le présent ainsi que l'avenir sont le fait d'individus qui recommencent tout de zéro, toujours, partout, avec la même énergie, la même force, la même puissance de vie.
La même beauté.
Et dans ce cas, dans la poésie et les métaphores inattendues. Dans les images d'un Lima aux larges étendues arides et nues, désert de rues de terre et poussière dont il faut raser les murs sous peine d'être attrapée, les entrailles rongées, jusqu'à, enfin, la mer salvatrice de mère morte. Les images de mariages tous en toc, "tout est faux", sourires et joies forcées d'un pays qui cherche un bonheur aux traînes de mariée qui refusent de voler malgré tous les ballons de baudruche qu'on y a accrochés.
Fausta est un piano cassé, mais qui chante encore. Elle est un collier démonté aux perles libres qu'elle ramasse puis regagne par la beauté de sa voix, la seule qui sonne juste et violente. On en volera la mélodie mais pas l'émotion ni le sens. Les perles de ses chansons resteront rassemblées au creux de son poing fermé. Elle est ces bonbons aux couleurs acidulées de l'enfance éparpillées à terre. Elle est une fleur qui se croit pomme de terre.



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