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28 mars 2009
La vie moderne

Hier soir, c'était La vie moderne.
Dans l'appellation Film documentaire, surtout ne pas oublier qu'en premier se trouve le mot film.
C'était à mon sens d'abord du cinéma, et du beau cinéma. Et c'est d'abord son coeur qu'a fait parler Raymond Depardon, bien avant une volonté de capter une réalité.
Vie moderne, car modernes sont ces gens, bien plus que nous dans le tourbillon de la vie citadine.
Il ne fallait donc pas vivre ce film comme un "coup de bambou", non non bien au contraire.
Ces personnes issues du passé se trouvent désormais en avance sur leur temps, et actuellement dans une sorte de poche spatio-temporelle où ils vivent leur solitude heureuse, assumée ou résignée.
N'oublions pas le petit garçon au beau milieu du film, qui rêve d'être paysan comme son papa, avec des machines hyper-évoluées.
Et ce sont eux qui incarnent le retour aux valeurs de la terre, à l'écologie, à une vie simple : de quoi parle-t-on d'autre pour le futur ?
Modernes, donc, modernes.
Beauté des plans, des personnes, des silences.
Bonheur d'une caméra plantée devant une personne qui se tait, qui se moque bien d'apparence, et qui lance "je vous le dis pas" (là, nous qui avons jeté nos télés de dépit, on lui sauterait au cou, à cet homme-là).
Bonheur du son d'une pendule se balançant dans l'arrière-plan. D'une cuisine comme chez nos grands-parents. Du sourire de cette petite dame qui propose ses gateaux, son café, à son mari, au cameraman, à tous ceux qu'on ne voit pas et qui font le film, qui regarde celui qui parle, puis regarde son mari en attendant sa réponse, et sourire et lumière chez cette petite vieille superbe. Et puis les doigts, outil de travail, que l'on tord, caresse, regarde sans cesse, les mains, les mains, les mains, sur les toiles cirées où l'on chasse une mouche d'un geste vif.
Les silences.
Les silences.
Les brebis que l'on soigne. La façon d'en parler, on parle de bêtes mais l'on fait sans cesse attention à leur bien-être.
Les découragements. La vieillesse. L'énergie.
La solitude. Extrème.
Les grandes étendues, accidentées.
Le temps qu'il fait.
La vie moderne.


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