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30 janvier 2009

Cette fois vous êtes arrivé à temps pour les voir...

... Mais vite vite, c'est que ça file les dauphins angolais !

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23 janvier 2009

Pendant ce temps...

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(Non, ce n'est pas une maquette Playmobil)

Pendant ce temps, donc...

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... Certains sauvent des tortues (Angola).

22 janvier 2009

Lignes croquées

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On parle à des lignes

Celles tracées l'aimant

Mais parfois


Filent trop vite
Filent
pull trop grand
Ou trop petit
Ne s'effleurent
Ne se suivent, se superposent
Se coupent et font des noeuds
Se dirigent --> désirs communs
Au sens opposés
<-->
Jusqu'au sens arrêt.

Suivre
Fils des visages
Aveugle
Entendre
Son des voix
Intonation des joies


Raccrochés,
croquis inachevé.
Manque oeil ou nez
Car esquissé en premier
aile de l'âme
sur front

Perte se dessine dans Coeur.
Vagues échouées.

Défaire sel brûlant.
Oeil rond soleil.

Chercher sur île
autres lignes
à croquer.

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20 janvier 2009

Musette de BachHHHHHh

On continue dans l'expérimentation musicale. Cette fois c'est Yo Yo Ma et Bobby Mac Ferrin. Complètement délirant, ça fait un bien fou !

Et puis on continue à se faire plaisir, avec Hush Little Baby :

Et puis Yo Yo Ma tout seul, parce que c'est quand même lui que je préfère des deux, et puis en plus classique mais encore plus beau (on revient à Bach : suite pour violoncelle, et ce morceau-ci, ah là là)...

Troublemakers

Citation dans son contexte : Film "Liberté, la nuit" de Philippe Garrel (Un homme pris dans la tourmente des "événements d'Algérie" connaît un bonheur nouveau mais fugace avec une jeune Algérienne (je l'ai pas vu mais la verve unique de JP Léaud, ah agacement et fascination...)).

Troublemakers est un groupe marseillais. Certains morceaux sonnent vraiment trop "électroniques" à mon goût, mais d'autres sont délicieusement groovy. Et certains autres sont des recherches à partir de morceaux jazzy (comme ici "my man's got a heart like a rock cast in the sea" chanté par Etta James). J'aime leur audace, leurs tâtonnements et leur façon de piocher partout, assaisonner, touiller, (oui oui de la cuisine musicale) sans rien compartimenter. (Marseille !)

19 janvier 2009

Aux aguets



Artnimal aux aguets
Couleurs
Champs ligneux
Postures ligneuses

Comme un artnimal
Aux aguets...
(Pour)
A l'intention de
A la place de


(Et cela, sans réfléchir, instinctivement. C'est en soi. Artnimalement.)

17 janvier 2009

Un groupe de dauphins

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Ah, si vous étiez venus trois secondes avant sur ce blog, vous les auriez vus, accompagnés par un banc de petits thons.
(Au large de l'Angola)

16 janvier 2009

Là-haut où tout est haut


Je pense parfois, lorsqu'il fait très froid, aux forges et hauts-fourneaux de tout là-haut. Le ciel gris foncé, c'est peut-être les nuages, mais c'est peut-être aussi ces fines particules carbonisées qui se déposaient sur cheveux et vêtements lorsqu'on sortait. C'était lorsque ça fonctionnait encore. Depuis, certaines usines ont été transformées en musée-salle-des-fêtes-tout-illuminé-joli-ensouvenirde.

Y'avait des grandes villes à côté, pas pour les ouvriers, mais pour les cathédrales.
Plus immenses qu'ailleurs, les cathédrales, me demandez pas pourquoi, peut-être parce que là où on a froid on a besoin de croire que c'est parce que les plafonds sont hauts. Où ptête que si on se rapproche du ciel ça réchauffe le coeur.
(Souvenir soudain de pieds de 8 ans congelés jusqu'à la douleur dans une église comme ça - un mariage -, même pas eu l'esprit de penser au coeur, du coup, mécréante que je suis).


Pourtant les maisons sont petites, plafond-bas, sombres-tapisseries-à-grosses-fleurs-beiges, toits pentus pour ouste-la-neige. On n'y avait pas chaud non plus (histoire d'économies : la preuve que c'est pas nous qu'avons bousillé la planète, alors arrêtez de nous faire porter le chapeau très haut-de-forme).

13 janvier 2009

Chez Monsieur Srotch


Je te prends en photo, allongé dans un champ. Le lieu me fait irrésistiblement penser à Souitte, de l'île d'Orseland.
Anita...


Ces deux photos d'Anita enfant, je les sors de ma poche et les contemple à nouveau. Elles sont presque semblables. Sur la seconde, cependant, le sourire semble dégringoler. Un éclat dans ses yeux  paraît s'affoler.
Elle m'avait raconté : elles avaient été prises par le libraire, seul détenteur d'un appareil photo à l'époque, dans notre village de Souitte. Monsieur Srotch était un homme maigre et vif, d'une curiosité nerveuse. On reconnaissait à ses impatiences un natif du continent, qui regrettait constamment l'indigence culturelle de notre petite île. Sa librairie se nichait dans l'anfractuosité de l'immense rocher posé sur la falaise de l'Entre-Deux. Nul ne savait comment ce rocher avait pu se retrouver là. Avec le plus grand pragmatisme possible, on pouvait imaginer qu'une armée aux ordres improbables avait hissé ce caillou du bas jusqu'en haut. En effet, si l'on se penchait, les mains posées au bord du gouffre, on pouvait, trente mètres plus bas, contempler de nombreux frères jumeaux du rocher. Anita expliquait en haussant les épaules : c'est simple, il est tombé en haut. Et il n'y avait rien à ajouter.
Anita et moi aimions rendre visite à Monsieur Srotch. C'était le but ou une étape de nos nombreuses promenades. Le rocher était visible lorsque s'éclaircissait la forêt de Belmug, qu'il fallait traverser uniquement en suivant le sentier de Sans-Perte, sous peine de grands dangers. On entendait depuis quelques secondes déjà le bruit de la mer se fracasser contre les rochers. Les arbres, pins, marronniers, cyprès, et autres espèces méconnues s'écartaient pour laisser place à une lande aux hautes herbes vertes et jaunes, balayée par des vents puissants. Devant le ciel changeant, se dressait l'immense roche, qui donnait une impression rassurante : elle était posée là, sûre d'elle-même malgré son incongruité, inamovible bien que lissée par les bourrasques de la saison des vents, et d'un gris bleuté qui ramenait à des souvenirs de douceur maternelle. En effet, les natives d'Orseland avaient toutes cette couleur dans les pupilles plusieurs mois après avoir donné naissance à leurs enfants. Et dans le ventre de la roche, cette cavité à l'éclairage orangé, à l'unique vitrine décorée de lutins en tissu créés par Josh l'artiste, où se tendaient de lourds rideaux d'étoffe rouge : la grotte-librairie était étroite mais chaleureuse. Elle regorgeait de livres de toutes sortes, d'éditions rares et disparues, posées dans un désordre religieux sur des étagères pas toujours horizontales, étant donné la complexité du lieu : tout sauf carré. Mais à six ans, je n'étais pas encore arrivée à Souitte. Anita s'y rendait donc bien avant que j'arrive, je l'appris à l'occasion.
Ce jour-là, Monsieur Srotch était tout heureux d'avoir enfin reçu par le dernier bateau (il n'y en avait qu'un tous les deux mois, à l'époque), son nouveau jouet : le fameux appareil photo. Anita était arrivée à point nommé devant la librairie, au cours de sa promenade : la lumière à ce moment-là était particulière. Les nuages commençaient à s'accumuler et se charger d'un gris électrique. Mais le soleil luttait et les quelques rayons qui perçaient avaient la couleur de la persévérance.
Anita était venue avec son chat noir qu'elle avait nommé Peau. Elle avait pour habitude de le promener en le tenant dans ses bras comme une mère le fait avec son bébé. Peau se laissait faire docilement. Il ronronnait et ses yeux d'agathe brillaient de plaisir. Le libraire aurait aimé saisir la petite fille et le chat, mais Peau prit peur lorsqu'il brandit l'appareil, et se dégagea des bras d'Anita. Tant pis, se dit Monsieur Srotch, et il sortit une chaise qu'il installa sous un marronnier. Les herbes la cachaient presque entièrement et Anita dut tâtonner avant de s'y installer. Une fois assise, elle observait son chat qui bondissait lestement d'une branche à l'autre de l'arbre d'en face. Le libraire s'installa entre les deux marronniers, et fit la mise au point.
Le visage d'Anita Van de Froom se trouva encadré dans la petite fenêtre du tout dernier bijou technologique arrivé à Orseland. Elle portait ce jour-là une robe à col rond, dont les smocks  enserraient son torse d'enfant. Il semblait gonflé de joie et de fierté lors de ce premier cliché.  La photo étant en noir et blanc, je ne m'avancerais pas à donner une couleur à la robe, mais je l'invente bleue. Les cheveux noirs d'Anita, coupés au carré, retenus par une barrette sur le côté, ne parvenaient pas à assagir un visage mutin et déterminé. Clic, fit le premier cliché.
Monsieur Srotch s'apprêtait à prendre la seconde photographie lorsque la luminosité baissa subitement, quelque chose sembla se crever là-haut, puis une lueur forte l'éblouit. Cela le surprit tant qu'il appuya sur le bouton. Le flash s'était-il enclenché bien avant qu'il eut ce geste ? Cela paraissait improbable. Un fracas de fin du monde le fit alors sursauter. Non, ce n'était pas le flash, mais un éclair. Un crépitement : l'arbre derrière lui était en feu. Il craignit soudain pour Anita, assise, insouciante, sous l'autre marronnier. Les gouttes d'eau commençaient à dégringoler, grosses comme des larmes de géant, s'écrasant lourdement sur les joues, accompagnées des hoquets de la peine du monde : les vagues en bas. Monsieur Srotch se précipita vers Anita pour la prendre dans ses bras et l'entraîner à l'abri dans la librairie.
Cela faisait un bon moment qu'elle s'était réchauffée, une serviette sur les épaules, mais elle n'avait toujours pas dit un mot. Son petit nez était collé à la porte-fenêtre, y imprimant une forme ronde auréolée de buée. Elle observait - entre deux affichettes, l'une vantant une exposition sur les rêves épicés, l'autre un spectacle de puces dansantes datant de vingt années plus tôt -  l'arbre se consumer dans des flammes ondoyantes.
– Qu'y a-t-il ? s'enquit le libraire occupé à recopier un livre d'heures en lambeaux.
Anita éclata en sanglots.
Durant la prise de vue, elle avait assisté, à quelques mètres d'elle à peine, au foudroiement de son chat Peau.
Monsieur Srotch retrouva par la suite une sorte de peau noire carbonisée, plate et sèche, mélangée avec les cendres de l'arbre dont il ne restait qu'un moignon noirâtre. Il fut étonné par la forme de la peau charbonneuse : exactement celle d'un chat. Anita était sûre qu'il l'avait gardée quelque part, cachée pour qu'elle n'eut pas de peine.
– Tu vois, m'expliqua gravement Anita après m'avoir offert ces deux clichés. Entre ces deux moments, j'ai vécu le plus grand drame de ma vie.

Puis elle sourit, et me lança un regard bouleversant de confiance amusée.

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Je fouille ma mémoire mais oui, c'était bien le jour de mon arrivée : si j'avais tout de suite repéré  la petite Anita dans la foule qui m'observait avec curiosité, c'était parce qu'elle était la seule à porter un couvre-chef. Un chapeau noir, avec deux agathes brillantes cousues sur le devant, et deux oreilles félines fixées sur le dessus.

12 janvier 2009

Sigrid


La meilleure amie d'Anita Van de Froom se nommait Sigrid. Lorsqu'elles atteignirent quinze ans, personne ne put nier que Sigrid était bien plus jolie qu'Anita. Cela provenait du fait qu'enfin Sigrid osait vous regarder dans les yeux. Anita n'avait jamais craint de le faire. Enfant, on trouvait cela charmant quoique parfois dérangeant. Elle fouillait votre âme sans sourire, avant de s'enfuir tantôt en riant, tantôt en pleurant. Adolescente, elle ne perdit pas cette habitude. Mais on décréta que cela n'avait plus rien de charmant. On la disait insolente. Alors elle apprit à regarder à travers vous. Elle vous voyait sans vous voir. Elle ne voyait que votre essence. On la qualifia de fuyante, de petit monstre, d'âme damnée qui ne méritait que les feux de l'enfer.

Sigrid, elle, n'ouvrit les yeux que vers quatorze ans et trois jours. Son regard flou de nouveauté en troubla plus d'un. Sigrid s'émerveillait de vous voir enfin, mais par manque d'habitude ne vous voyait pas vraiment. Ce qui semblait une infinie compassion n'était en réalité qu'un questionnement : cette personne est-elle digne de moi ? Assez belle pour moi ? Me rendra-t-elle heureuse ? Votre lumière se mariera-t-elle bien avec la mienne ?

Sigrid eut une vie si heureuse qu'elle ne mérite que le mépris de la romancière.

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(Edouard Boubat)

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