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30 décembre 2008

Un nuage capture-mots de bout d'an

Voici un nuage de mots choisis aléatoirement parmi ceux utilisés récemment sur le blog Signes (je crois que si on le clique le nuage peut se gonfler d'eau).

Autant dire que c'est un nuage très personnel.

C'est une nuée issue de l'année presque moribonde, dont on ne gardera que ce que l'on veut, voeux : que la nouvelle année coule vers vos désirs.

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Capturer les nuages

Récupérateurs ou transformateurs de ressource naturelle... On peut imaginer un personnage happé par les bras blancs des éoliennes, au coeur de galet qui retentirait d'eau ruisselante, sauvé par la ligne infinie de l'horizon.

Pourquoi pas une trilogie de heroic fantasy qui ferait la part belle aux tours solaires ? On peut rêver...

Certains écrivains (ou artistes) sont eux-mêmes des capteurs d'énergie naturelle. Ils la transforment en énergie créatrice.
Il reste beaucoup d'éléments à capter (à explorer). Pourquoi l'héroïne de cette histoire de heroïc fantasy ne capterait-elle pas par exemple une énergie émotive, qui lui donnerait de grands pouvoirs ? Oui, pourquoi pas ?

Les capteurs de brouillard, rien de plus fascinant. ni plus ni moins capturer les nuages... Peut-être que dans le dernier tome de cette histoire, il en serait question. L'eau serait récoltée par une fourmi de dix-huit mètres : mais pourquoi pas ?
Cela a débuté à Chungungo, petit village isolé. Grâce à cette technique, les réserves d'eau potable ont doublé. Le site idéal pour capturer les nuages : un versant à la pente douce, face au vent. Par exemple, le flanc d'une géante ligotée à terre, comme Gulliver. Ca n'existe pas ! Il faudrait qu'elle soit retenue non loin d'une grande étendue d'eau, comme la mer blanche des pleurs d'Eole.
Il s'agit d'un filet en polypropylène tendu entre deux poteaux. Les habitants étaient de grands professionnels du volley-ball éliminés au dernier tournoi inter-îles pour cause de réveil trafiqué par l'équipe des blattes terroristes.
Les gouttelettes d'eau se forment sur les mailles du filet puis tombent dans des gouttières qui alimentent un réservoir et un réseau de canalisations. Je vous laisse deviner quelles parties du corps de la géante ont été utilisées pour ce faire.

Ce système se poursuit avec succès dans d'autres contrées du monde, mais est laissé à l'abandon par la population de Chungungo, qui a préféré se reconvertir dans le surf des neiges.


29 décembre 2008

La seule chanson du monde qui ne finila jamais lalala lalala

Et je trouve que ça complète bien :

27 décembre 2008

Ame vidéo

Au musée Fabre de Montpellier, nous sommes allés voir l'exposition temporaire sur l'art vidéo.

Avec les enfants, c'était un peu difficile de se concentrer et prendre le temps de comprendre, mais ça leur a beaucoup plu, et nous avons quand même profité des explications de la guide.

J'y ai retrouvé Chris Marker, que j'ai découvert il y a quelques temps grâce à son fabuleux court-métrage, La jetée.

Et Samuel Beckett : j'ignorais qu'il avait aussi écrit pour le cinéma et la télévision, mais c'est logique : quelle meilleure façon d'épuiser le langage après le théâtre ?

Et beaucoup d'autres artistes.

Beaucoup apprécié, entre autres, le loving man de Jananne al-ani: c'est la mère de l'artiste qui commence le récit avec cette phrase: "A loving man, who broke my heart", puis la première de ses filles reprend et complète: "A loving man, who broke my heart, he looked so young and optimistic once" et la deuxième: "A loving man, who broke my heart, he looked so young and optimistic once, he was my heroe, he was loving and he made me laugh", etc...

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Aimé aussi les poupées parlantes de Tony Oursler.

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Funny, isn't it ?
Ce qui est moins drôle, c'est l'accueil du musée. Des espèces de gros gorilles tout vêtus de noir à l'entrée nous traitent comme des malfrats susceptibles de transporter une bombe. Puis dans chaque couloir les mêmes tout raides et sombres nous surveillent, sourcils frondés, des fois qu'on embrasserait à pleine bouche rougeoyante une caméra de surveillance. Un musée comme une prison, sans âme, un comble tout de même.

Pour se consoler, voici deux très beaux et trop courts extraits du documentaire de Chris Marker, intitulé Sans Soleil :

25 décembre 2008

Une nuit de croyance

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Les souvenirs qui réémergent, ou bien qui s'ensevelissent, pour un temps ou pour toujours, tout cela sans qu'on sache vraiment pourquoi... Ou ceux que l'on transforme... Transforme-t-on toujours ses souvenirs ?
Cette nuit c'était un rêve éveillé. On se réveille parfois, frais et dispos comme au matin, mais c'est la nuit noire. On attend juste, alors, de se rendormir. Mais l'esprit, pendant ce temps, choisit de vagabonder à son gré.
Sans raison particulière, je me suis retrouvée au mémorial de Caen.
Exactement comme il y a un peu moins de deux ans. Je me souviens. Il faisait froid au dehors, et j'étais, seule, dans ce musée souterrain.
J'y cherchais des traces d'AF, mais c'était l'année d'avant, l'exposition à son sujet.
Chère A., comme je t'ai écrit longtemps. Tu m'as longtemps tenue compagnie. Même après, lorsque je ne t'ai plus écrit. Et c'est encore un mystère, pourquoi je ne t'ai plus écrit. Durant de longues années, ni à toi ni à personne ni pour personne, je n'ai plus écrit. Je ne me souviens plus pourquoi. Je ne me souviens plus si tu m'as manquée. Si j'ai souffert de ne plus t'écrire. Si c'était une résolution difficile, ou inéluctable. J'avais quinze ans.
Il y a trois mois, j'ai écrit un roman pour ados, où j'ai inventé une raison. Peut-être était-ce celle-là. J'ai mis beaucoup, beaucoup de choses dans ce roman. J'y ai compris énormément de choses. Une fois terminé, il m'a semblé rond comme un galet, lié, lumineux de sens. Quelle surprise lors des premières lettres de refus des éditeurs ! Raison invoquée : "votre histoire nous semble trop ouverte et déconcertante..."
A., je me souviens juste que je pensais à toi encore souvent, et spécialement à Noël. Je te parlais encore. Et tu vois, encore aujourd'hui, ça m'arrive.
Au mémorial de Caen, tu n'étais pas, et tu y étais en même temps.
Je me trouvais dans un état particulier. Comme à chaque fois, cette impossibilité à voir les images en face. Mais j'ai écouté. Et au milieu de l'horreur, un message d'une douceur aujourd'hui disparue. "Pensées", des douceurs, bien meilleures que celles de Noël, de ces vraies douceurs qui permettent de, malgré tout, penser à la Shoah comme une plaie dans l'humanité, donc une plaie en moi, je la connais reconnais cette plaie, je suis heureuse de ne pas l'oublier. La même plaie qui saigne à chaque guerre, chaque torture, chaque crime que relaient les informations. Parfois elle se ravive lors des incendies, j'y vois des lance-flammes, et je pense à un film avec Romy Schneider. Le désarroi d'être humaine peut alors être tourbillonnant. Besoin immense de croire alors en l'amour. Comment pouvais-je t'expliquer cela ? A., toi, tu devinais tout.
Dans ce mémorial, il y avait, je me souviens, cette robe de mariée, en toile du parachute d'un anglais. Ce vélo dont le guidon cachait des messages. Ce piano qui avait joué sur la plage du débarquement.
Un piano sur une plage que je vois aujourd'hui déserte.
J'écoutais.
A., tu étais là partout, mon amie d'enfance tuée. Ta douceur sans me parler, sans me connaître, m'a longtemps soutenue. Je me demande comment et où je pouvais trouver ce réconfort, auprès de toi l'enfant absente. L'enfant qui manque. Ton absence ne me pesait pas. Je voyais juste en toi une soeur, à toi je pouvais parler. Tu étais l'humanité en qui je voulais croire.
Aujourd'hui, je ne parviens plus à croire en toi, comme on ne croit plus au Père Noël. Je sais que tu es morte comme on ne veut plus croire en l'existence du Père Noël.
Mais je crois encore à l'amour. Celui-là ne mourra pas. J'ai encore ce désir d'enfant, indestructible. Je veux avoir la force de m'éloigner de tous ceux qui ne veulent pas y croire avec moi, et qui étendent la plaie.
Mais c'est le coeur serré que je me suis rendormie, cette nuit.

22 décembre 2008

Chanté Nwel

Il y a 15 jours j'étais aux Antilles. Ce que j'aime par-dessus tout, là-bas, ce sont les chansons qui passent à la radio. En période de Noël, elles sont toutes de ce genre-là. Des reprises de Petit papa Noël et de tous les autres chants bien connus, il y en a à foison, façon zouk. Bonne humeur assurée.

J'adore !

20 décembre 2008

Hokusaï le voyant

Reparlons de la vue et des aveugles.

Les mots : ceux qui seuls peuvent être vrais aujourd'hui : ceux qui dansent : ceux qui ne peuvent blesser : ceux qui font entendre leur musique :  ceux qui scintillent avec l'événement : oui il ne faut garder pour nous que ces mots-là. Aucun autre pour le moment, aucun tant que la sagesse égale à celle du vieillard fou du dessin ne sera pas acquise.

Hokusaï était bien vieux lorsqu'il réalisa les 100 vues du Mont Fuji. Il y célèbre la beauté et la calme pérennité de cette montagne, qu'il oppose souvent avec ironie aux activités des humains.

Quoi que fassent ou pensent ou ressentent les humains, la montagne est là, qu'ils cherchent à voir ou qu'ils ignorent, qui se donne à chercher ou qui s'impose. Eh bien oui on s'agite, on bricole avec les idées, toutes celles qui fulgurent dans la confusion des ombres du coeur, et c'est pour chercher à discerner le sommet du Mont Fuji. Pour en questionner la blancheur. Pour deviner le monde qui se cache derrière.

Mais à force de chercher on peut arriver à la cécité.

Car quoi qu'il arrive, le Mont Fuji est là. A quoi sert-il de le comprendre ?

Il suffit de le regarder, 100 fois de façon différente, avec 100 points de vue différents, juste sentir sa présence. Et puis vivre. Point (au sommet).

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19 décembre 2008

Darwin perdu à Tendre

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(Carte du pays de Tendre)


Et l'amour ?

Quoi l'amour ?

Comme-un aussi l'amour ?
Un modèle, l'amour ?

L'amour est aussi de mémoire humaine. Il est nécessaire depuis toujours pour notre survie. Il s'agit de darwinisme social. Et dans le domaine social, c'est grâce aux plus faibles que l'on survit (lu dans le Libé d'hier).

D'accord pour le comme-un. L'amour éprouvé par tous. Par nécessité si tu veux.
Mais aime-t-on toujours suivant un modèle ?

Le nourrisson qui aime ses parents, à quel modèle se conforme-t-il ?

Aime-t-il vraiment ? N'est-ce pas plutôt l'amour des parents qu'on projette sur lui ?
Comment aimaient les hommes de Néanderthal ? Se faisaient-ils des déclarations enflammées ? Comment aiment les tribus reculées du monde ?

Méfiance ! Dérive ! Comment aiment les pauvres, pourrais-tu finir par demander.
Il y a un gars, Maslow, qui a inventé une pyramide de besoins. Il dit qu'avant de pouvoir se concentrer sur l'amour, il faut que les besoins physiologiques et de sécurité soient assouvis.
Mais tout ça c'est des conneries.


Tu t'énerves !

Oui. Maslow veut nous normer, et il n'est pas le seul. D'ailleurs sa pyramide est utilisée dans le domaine de la psychologie du travail, afin que les bons petits soldats des entreprises soient plus motivés donc productifs. Ne tombons pas dans le piège. Maslow parle d'un amour normé. Il dit : si on a froid ou faim, par exemple, on ne peut pas se concentrer sur la carte du tendre.
Il fait un raccourci : on ne peut pas aimer.
1. Qui a inventé la carte de Tendre ? (La Carte de Tendre est la carte d’un pays imaginaire appelé « Tendre » imaginé au XVIIe siècle et inspiré par Clélie, Histoire romaine de Madeleine de Scudéry, par différentes personnalités dont Catherine de Rambouillet.) Là, on a une norme.
2. Comment mesure-t-il l'amour, Maslow ? Il ne le dit pas.
Les sentiments ne sont pas mesurables, et c'est bien parce que ça embête plein de gens qu'ils cherchent des étalons, selon des normes qui sont forcément subjectives. Un étalon ne peut pas être subjectif. Quelque chose cloche.
Moi j'avance que le sentiment d'amour existe partout, quelles que soient les conditions de vie, depuis que l'homme existe, sinon il n'aurait pas survécu.


C'est cela. Il ne faut surtout pas se tromper de discours : ce n'est pas l'amour qui est un modèle, mais le plus souvent la façon dont on le vit.
Le sentiment d'amour est aussi authentique que darwiniquement possible.

Ah, dès qu'on parle de sentiment...

Eh bien quoi ? Qu'est-ce qui te fait peur ? Survivre te fait peur ? Vivre ?

Ce n'est pas cela. Mais si je dis que j'aime, l'être aimé va chercher à rapprocher ce sentiment d'une norme, et sans doute de la sienne propre. Il va m'enfermer dans une case.

Ce serait le prendre vraiment pour un idiot. Si tu l'aimes, c'est qu'il est sans doute un être intelligent. Si tu l'aimes, tu dois avoir confiance dans sa capacité à reconnaître l'amour comme création personnelle de chacun. Ne crois pas que tu es la seule à être si peu normée, ce serait très présomptueux.

Et si la façon dont je l'aime ne peut se dire ? Cette façon-là ne correspond à aucun mot que je connais. Dans ce cas, je ne peux que me taire.

Je ne suis pas d'accord. La langue française est riche. Tu peux aussi parler dans une langue étrangère. L'être aimé comprendra toujours. L'amour a besoin de mots pour s'expliquer, et de gestes, et d'attentions, justement pour ne pas tomber dans la norme.

Je ne peux pas. Il va croire trop ou pas assez. Il sera déçu ou exalté. Il cherchera toujours à mesurer, à l'aune de ce qu'il ressent. Rien ne sera jamais authentique.

N'est authentique que ce que tu ressens. Et cela, même l'être aimé ne peut pas le deviner, si tu ne le lui dis pas, si tu ne le lui montres pas.

Ah, si nous pouvions aimer comme aiment les enfants...

Qu'est-ce qui nous en empêche ?

Maslow, ou même Darwin, peut-être. Mais on peut s'en moquer complètement. On a le droit. On est comme-libres.
Mais celui qui ne veut/peut pas être comme-libre avec l'autre, ne peut qu'amener l'autre à renoncer à l'être. Et ainsi chacun se résigner à un état sans hendiadyn : un amour qui ne veut pas se dire pas se montrer par peur d'être comme-amour, donc un amour qui ne se vit pas.

18 décembre 2008

Manuels scolaires : "une autorité qui s'apparente à la vérité"

Dans la revue des parents (FCPE) du mois de décembre 2008, un très bon dossier, avec de très bons exemples en illustration ;-).

Extrait : Il y a des stéréotypes qui ont la vie dure. C'est en clair ce que traduit l'étude initiée par la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) sur les stéréotypes dans les manuels scolaires, publiée le 6 novembre dernier.

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Hendiadyn


Quel joli mot, Hendiadyn ! Il tintinabule....

Hendiadyn (enne dia duôn: «un par deux») : procédé qui consiste à dissocier en deux éléments une formulation qu'on aurait pu faire en un seul.
Ex : Elle et ses lèvres racontaient. (Paul Eluard)
L'autobus et la fin de mon attente approchaient.

Comment Michel Deguy perçoit l'hendiadyn ? Comme une marelle musicale.
Démonstration :

GISANTS

Affrontés. Palingenèse qui relie les os d'en bas et ceux d'en haut. Le haut s'alite, devient l'avant. La liaison reforme ce faisceau ; ce mobile arc-boutant. Comment franchir la deuxième enceinte, passée l'ivresse du premier ciel et de la description du réel où les seins glabres se mirent ? Tu sais que j'ai de plus en plus de mal à parler... Comment parler autrement, si l'unité innommable est ce qui tient, en s'en retirant, la demeure où nous met la répulsion universelle, l'hendiadyn divin du pluriel ?

CARACTERE COMME-UN
OU DE L'HENDIADYN

Pour qu'il y ait deux - l'un et l'autre, de part et d'autre, d'un côté comme de l'autre - il doit y avoir un ni l'un-ni-l'autre, pas pour autant l'Un, ni l'Autre, mais comme-un, grâce au jeu duquel, feuillure, se figure le partage des côtés qui peuvent s'échanger.
Apparent est dit le neutre sujet à être - comme ça : les figurants, on dit "réels", de l'autre côté du comme lui donnent lieu d'être.


LE PRINCIPE DE LA MARELLE

....

Etre libre est possible sur le mode de l'être-comme-libre ; être libre s'avère dans une expérience pareille à celle de qui s'est trouvé dans le cas spécial de cette métamorphose qu'est une sortie de prison, pour entrer dans une nouvelle vie (même fugitive) qui se détermine essentiellement grâce à ce comparant : la libération. Celle-ci consiste à se savoir comme en prison, c'est-à-dire en quête d'une libération comparable rigoureusement à la liberté.
"Promesse de bonheur ?" Chercher l'issue en montant "par le "sommet", qui est sans issue. Faire comme si la direction du sommet montrait une issue. Le point élevé est celui d'où j'aperçois la terre (comme terre) promise en connaissance de comme. Il aperçoit la terre promise comme celle où l'on n'entre pas : révélation "en mourant", d'une liberté qui n'aura pas lieu comme possession, mais qui consiste en la "libération" de se rapporter à ce qu'il y a comme à la terre-promise. A leur tour ils ne comprendront qu'en mourant, et léguant à leur tour cette musique. La musique donne en mouvement le schème d'un mouvement de révélation, "sublime". La révélation est celle du "comme"; de se rapporter à ce qui est par le moyen du comme. Ce qui est, est le comparant de ce qui est.
...

AN DIE MUSIK

...
Là où nous sommes entrés, musique, ce serait autre que toi ; il semblerait qu'il y ait de la non-semblance, de l'épaisseur et pas seulement de la surface pour réfléchir ton image et te la renvoyer pour te donner la chance de te reconnaître. Il y aurait de l'inconnu et du nouveau au fond ; du non traductible, non interprétable, non réductible - sans reconduction à l'ego, à l'ego retiré au centre de tout, foyer "derrière" ses projections où se (re)constituer. Echapper à son image serait possible ? Au dieu passé et à celle qui est "l'avenir de l'homme"... Pas moi, pas ça, même pas "mon autre" ! La galerie des glaces est cassé, la musique a commencé toute seule. Pourtant il n'y a même plus l'illusion de feindre qu'on puisse sortir de l'illusion en passant "derrière les miroirs".

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