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20 décembre 2008
Hokusaï le voyant
Reparlons de la vue et des aveugles.
Les mots : ceux qui seuls peuvent être vrais aujourd'hui : ceux qui dansent : ceux qui ne peuvent blesser : ceux qui font entendre leur musique : ceux qui scintillent avec l'événement : oui il ne faut garder pour nous que ces mots-là. Aucun autre pour le moment, aucun tant que la sagesse égale à celle du vieillard fou du dessin ne sera pas acquise.
Hokusaï était bien vieux lorsqu'il réalisa les 100 vues du Mont Fuji. Il y célèbre la beauté et la calme pérennité de cette montagne, qu'il oppose souvent avec ironie aux activités des humains.
Quoi que fassent ou pensent ou ressentent les humains, la montagne est là, qu'ils cherchent à voir ou qu'ils ignorent, qui se donne à chercher ou qui s'impose. Eh bien oui on s'agite, on bricole avec les idées, toutes celles qui fulgurent dans la confusion des ombres du coeur, et c'est pour chercher à discerner le sommet du Mont Fuji. Pour en questionner la blancheur. Pour deviner le monde qui se cache derrière.
Mais à force de chercher on peut arriver à la cécité.
Car quoi qu'il arrive, le Mont Fuji est là. A quoi sert-il de le comprendre ?
Il suffit de le regarder, 100 fois de façon différente, avec 100 points de vue différents, juste sentir sa présence. Et puis vivre. Point (au sommet).






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