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30 août 2008
Ces jours-ci...

Musée Réattu à Arles, revisité par Christian Lacroix. Correspondances et beauté.

Celle-ci est ainsi, d'une part, l'aimée ouverte ou l'aimée à aimer au delà des murs éventrés, mais d'autre part l'aimée aimée a dans son ventre muré la non-aimée adorée ; disons mieux, puisque ma bien-aimée aime ce qu'elle aimera elle n'aime plus ce que j'aime ; mais en tant qu'elle aime déjà ce qu'elle aime, elle aime à jamais ce que je n'aime pas.
L'amour est lui-même ce non-amour que j'aime.
...
Pourtant cet amour éventé dans son centre qui est mon amour à adorer n'est pas une ouverture dans le mur mais ouverture sans mur.
Car il ne s'agit pas d'ouvrir ce qui n'est pas ouvert mais bien de rendre ouvrant ce qui n'est qu'ouvert ; il s'agit d'ouvrir l'ouvert, de rendre aimante-aimantante l'aimée à aimer et d'éventer non le centre d'un ventre mais les cent vents éventés au-delà des murs éventrants....

25 août 2008
Soeurs
Cette photographie a été prise par ma soeur (que j'appelle encore ma grande soeur). Elle a été saisie en Roumanie, mais je ne sais pas exactement où, ni à quelle occasion, ni qui sont ces femmes.
Qu'elle en soit l'auteure oriente bien entendu la façon dont je perçois cette photographie.
Ce sont trois femmes, comme nous étions trois soeurs. Nous pourrions, chacune de nous trois, être tour à tour chacun de ces personnages. On voit au fond, peinte sur une toile, une forme qui fait penser à une peinture rupestre. Il y aurait un mammouth, qui pèserait par son grand âge, son opulence et sa disparition sur notre histoire commune, bien que déliée, puis dispersée. Chacune de ces jeunes femmes, quoiqu'ensemble dans le cadre photographique, porte son regard et son attention dans une direction différente. L'une est absorbée par ses pensées, l'autre lit, et la dernière semble élancée vers une action compliquée, vers une personne peut-être, aussi zigzaguante que le bord de la fenêtre. Les deux autres savent bien qu'elle se jettera dans ce lieu ou cette âme. Quelle différence ? Elles attendent patiemment, se remplissant, pendant ce temps, d'autre chose, d'autres paysages.
Puis leur tour viendra. Elles seront toujours possibles sur la même photo, échangeant leurs rôles.
Pensives, contemplatives et dans l'élan, sous la tente de l'enfance nous comptions aussi mon grand frère. Mais c'est une autre histoire...
Moïse Kisling
Au musée de Lodève, celles-ci m'ont marquée :

Boucle d'or n'a pas aimé du tout. "Ils ont l'air tristes !". J'aime pourtant tous les portraits de Kisling. Je ne vous posterai pas ses paysages ni ses natures mortes, pourtant intéressants aussi, certains magnifiques. Non, ce sont les portraits qui m'ont touchée.
Ils ont tous ce point commun : d'immenses yeux tristes et tournés vers leur âme. "Vides" ai-je entendu. Je ne trouve pas. Pas vides. Perdus, peut-être. Nomades.
Et le corps solitaire, même si agrippé à un autre.
Cette jeune femme brune a des yeux verts plus clairs que le fond. Les paupières sont lourdes, chargées de pensées qu'on n'aimerait pas connaître. Ce sont finalement les lèvres les plus dérangeantes, closes et pincées. Que veut-elle taire ? Quel secret de vipère n'ose-t-elle pas lâcher ? Antipathique ? Très certainement, mais un vrai personnage de roman.


Cher Moïse, aimiez-vous vos modèles ?

Et puis la pomme, la poire (et si vous regardez bien, au fond, une fraise en forme de coussin)... Ah la belle confiture à venir.

14 août 2008
Auguste Macke


