08 novembre 2009
Allegria !
Hier, c'était Martror à Pézenas.

Le Déambulatoire de Martror :
« C'est un rituel qui se veut être une quête, comment ouvrir les portes au dialogue avec nos morts, nos ancêtres, nos traditions...
Quelles sont les étapes de cette acceptation, comment laisser passer la poésie, l'invisible, l'émotion dans la rencontre avec celui de qui nous sommes nés et qui est mort à son tour ?
Ce rituel dans les lieux forts de tradition emmènera le public vers la rencontre de l’AUTRE et de SOI pour se terminer par le partage du repas entre les Morts et les Vivants... »
Le Collectif Pebrin'
Tour à tour joyeuse, effrayante, poétique et sombre, je n'avais pas prévu combien la soirée extrèmement païenne que j'allais passer serait en adéquation avec le tableau de Marie-Madeleine ci-dessous.
On s'est beaucoup amusés, à courir avec et comme des enfants dans les rues de la ville, en se répondant Allegria ! Moment fort sur la butte du châtau avec bougies, vin de châtaigne dont il ne faut pas oublier de laisser tomber une goutte à terre pour partager avec les morts, petits mots à écrire à ses morts, que l'on brûle ensuite, danses, danses, musique, musique, chants, et ballons en papier envolés dans le ciel noir, portés par une flamme qui ressemblait ensuite à une étoile dansante.
Et l'occasion de voir son fils comme un tableau de El Greco :

07 novembre 2009
La magdaléeenne

04 novembre 2009
Surreal tips-tops of ecriwriting
Ici, 13 conseils d'écriture de Chuck Palahniuk (Fight Club, entre autres).
Oui, je sais, c'est en anglais. Alors si quelqu'un dans le coin de cette blogoboule se révèle être un efficace traducteur, merci de m'envoyer the translation. Personnellement, j'ai utilisé la fonction traduction de Google, et, remarquez, le style en devient très intéressant. Hal-Google s'amuse même à créer des images surréalistes. Je me demande si elles n'ont pas un sens caché : qu'essaie de me dire la machine ? (Et dois-je vraiment suivre les conseils donnés ?).
Exemple :
Presque chaque matin, je mange petit déjeuner dans la cuisine-même, et ce matin, un homme a été la peinture des fenêtres avec des dessins de Noël.
Ou encore :
Les cheveux de la peintre fut toutes les couleurs différentes de gris, et son visage était lâche et ridé comme l'âne vide de ses jeans. Entre les couleurs, il arrêtait de boire quelque chose d'une tasse de papier.
Quel talent, ce Chuck.
03 novembre 2009
Pierre et le loup

Hier, au cinéma, nous avons découvert le Pierre et le loup de Suzie Templeton.
Images lumineuses ou sombres où l'hostile n'est pas où l'on croit, animation fluide et grâcieuse, situations poétiques et cruelles, et subtile adéquation à la musique de Prokofiev.
Ambiances, lune immense, yeux bleus gémellaires, beau petit visage buté, glace glissante, forêt profonde, arbre noueux... Tout le monde de l'enfance solitaire et peuplé.
02 novembre 2009
De livres et d'eau fraîche
Je vous invite à vous rendre sur le lien de Rue 89 qui a publié cette lettre ouverte au ministre de la Culture, écrite par trois romanciers, car les commentaires y forment un débat très intéressant, et révèlent vérités et fantasmes sur le statut des écrivains.
La lettre :
DE LIVRES ET D’EAU FRAÎCHE ?
Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand
Par Xavier Houssin, Renaud Meyer, Laurence Tardieu*
Être écrivain et pouvoir continuer à l’être. Depuis combien de temps, Monsieur le Ministre, parle-t-on de notre statut ? Un problème rebattu, penseront certains. Hélas, surtout peu débattu...
La mise en place de la mission « Création et Internet », que vous avez confiée à Patrick Zelnik, Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, et qui doit rendre ses conclusions le 15 novembre prochain, nous apparaît l’occasion de rouvrir le débat avec vous. Nous avons besoin de vous, Monsieur le Ministre. Pour vivre.
La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d’un statut social protecteur. C’est le cas des professionnels de la télévision, du cinéma, du théâtre et de la danse.
Pour exemples, le créateur d’une œuvre audiovisuelle perçoit une rémunération en sa qualité d’auteur et un salaire pour son travail technique durant le tournage et sa préparation. Lorsqu’il ne travaille pas, il est pris en charge par l’assurance-chômage. Un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage et reçoit une rémunération supplémentaire si le film dans lequel il a joué est diffusé à la télévision.
Les écrivains mettent un, deux ans, ou plus, pour écrire un livre. Les moins mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d’auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15 % des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l’éditeur. L’absence de statut social protecteur et la précarité financière qui en découle génèrent la multiplication des petits boulots de l’écrit, allant de la pige à la rédaction publicitaire, qui diluent l’œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaires.
Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu’écrivain est un métier et qu’il faut que les gens qui l’exercent puissent en vivre ? Et pensez-vous, en la matière, que cela devrait participer de cette fameuse « exception culturelle française » à laquelle nous sommes si attachés ?
Certes, l’écrivain n’est pas l’unique acteur du livre, mais il en est l’intention première. Et il serait juste qu’il ne demeure pas le seul à ne pouvoir en vivre, tandis que d'autres acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires) y ont leur statut social et y trouvent, pour certains, une réelle pérennité financière.
Le rapport rédigé par Sophie Barluet en 2007 et la mission Gaymard sur la situation du livre de mars 2009 ont insisté, chacun, sur la nécessité de maintenir le prix unique du livre et aussi de soutenir les différents acteurs de sa chaîne afin de préserver, toujours, cette « exception française ». Qu’en est-il dans la réalité ?
Le rapport Gaymard estime à quelque 55 000 les auteurs de livres en France, qu’il s’agisse des écrivains, des illustrateurs ou encore des traducteurs. Sur ce nombre, seuls 2500 dépendent de l’AGESSA (Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs à laquelle l’affiliation n’est possible qu’à partir de 7500 euros de revenus annuels), et vivent donc majoritairement avec les droits perçus au titre de la propriété littéraire et artistique. Les autres doivent exercer une activité différente à titre principal. Les 7500 euros nécessaires pour être pris en compte par l’AGESSA peuvent, certes, être atteints sous conditions grâce à des revenus annexes comme des interventions en milieu scolaire ou l’animation de débats. S’agit-il du même métier ? Les bourses d’aide à l’écriture, les résidences d’écrivains restent gouttes d’eau dans l’océan des Lettres. N’est-il pas temps de repenser vraiment la place des écrivains dans l’environnement culturel et de leur assurer ainsi des moyens financiers pour avancer dans leur travail ?
En 1927, Edouard Herriot déposait un projet de loi visant à créer une Caisse nationale des lettres alimentée par une taxe sur les oeuvres entrant dans le domaine public. Financer la création des auteurs vivants par le succès des auteurs disparus ? Belle idée. Quelles avancées depuis ?
La Société des auteurs et compositeurs dramatiques vient de faire 10 propositions dans le cadre de la mission « création et Internet ». Parmi celles-ci figurent la création d’un compte de soutien aux auteurs d’oeuvres audiovisuelles auprès du Centre national du cinéma, ainsi que la contribution à un fond de soutien à la création des recettes publicitaires générées par Internet. Ces propositions, qui ne concernent que les auteurs dramatiques et le monde audiovisuel, sont l’exemple d’un véritable engagement. Mais qu’en est-il des auteurs de l’écrit dans ce débat sur l’économie numérique ?
Serait-il aberrant d’imaginer par exemple, en demeurant au cœur de cette question, que l’on puisse réfléchir autour du « droit de suite », comme il existe sur les ventes successives des œuvres d’arts plastiques ? Un auteur doit-il être exclu des bénéfices de la revente de son livre sur Internet ? Au moment où cette revente des ouvrages via un certain nombre de réseaux de distribution devient un élément à part entière de la chaîne de diffusion du livre, est-il possible de se passer d’une régulation qui intègre ces nouveaux acteurs ? La condamnation des pratiques de numérisation sauvage des livres par Google montre d’ailleurs combien cet attachement à l’écrit et au droit d’auteur n’a pas disparu malgré les avancées technologiques.
Toutes ces questions, vous le savez, font partie intégrante de l’avenir du livre. Les auteurs désirent votre écoute, Monsieur le Ministre.
Et ils attendent de participer activement à ce débat, convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l’avenir.
• Xavier Houssin est écrivain et journaliste. Dernier titre paru : La
mort de ma mère. Buchet-Chastel, 2009.
• Renaud Meyer est écrivain et comédien. Dernier titre paru :
Tabloïds. Le Mercure de France, 2006.
• Laurence Tardieu est écrivain. Dernier titre paru : Un temps fou.
Stock, 2009.
27 octobre 2009
Aujourd'hui, nous avons réouvert les fenêtres...

25 octobre 2009
Sélection au prix du roman jeune 2010 de Laval
Jusqu'en janvier 2010, dans les CDI, bibliothèques ou à la librairie M'Lire de Laval, les jeunes lecteurs peuvent voter pour l'un des 7 romans sélectionnés :
• Ni vu ni connu / Olivier Adam. Ecole des loisirs
• La Guerre des livres / Alain Grousset. Gallimard
• Les Copains, le soleil et Nabila / Florence Hinckel. Gallimard
• Un coeur gros comme ça / Jo Hoestlandt. Nathan
• La Drôle de vie d’Archie / Agnès Laroche . Rageot
• L’Hiver des gros ventres / Cécile le Floch. Rageot
• Les Trois coups de minuit / Danielle Thiéry. Syros
Eh oui, me voià en "compétition" avec Olivier Adam !
Petit article de Ouest-France à ce propos.
24 octobre 2009
Le dragon du fleuve

Et pourtant si. C'est une belle expérience de se déporter comme ça dans des univers fantastiques.
Je vous reparlerai de tout ça plus en détail à la sortie du livre, en février 2010. Patience, patience...
Orbitor

A l'occasion de la sortie de L'aile tatouée de Mircea Cartarescu, je vous invite à visiter le blog de sa traductrice Laure Hinckel, notamment l'interview de la note du 21 octobre, où Laure parle des délices intellectuels liés à la traduction d'un texte aussi riche culturellement.
Découvrez aussi ses autres traductions du roumain.
Laure ne fait pas que traduire, elle oeuvre activement pour la découverte en France de talents roumains jeunes ou jamais traduits. Je me souviens pour ma part avoir rencontré Dan Lungu chez elle, je crois lors de la promotion du Paradis des Poules.
C'est comme ça chez elle : les écrivains y vont, y restent, y viennent. Son univers.
19 octobre 2009
Etranges mutations

Depuis quelques jours le chocolat en barres a perdu sa douce mollesse fondante. Les vitres se couvrent d'une pudique buée. Les fenêtres se ferment dans les murs de silence. Les mets se mettent mystérieusement à fumer, et à brûler nos doigts trop proches. Nos amis se couvrent d'une peau supplémentaire, on ne peut plus les toucher, voir le grain de leur gorge, ou l'implantation de leurs orteils. Tout se pare d'une protection parfois semblable à la méfiance. Contaminés par la distance, nous rentrons à notre tour en nous-mêmes, ainsi confondus avec les transformations du dehors : moins d'oiseaux derrière la vitre, ciel blanchi, le violet des collines s'est pastellisé.
Il va nous falloir trouver des stratégies, les mêmes que l'année dernière, pourtant oubliées, pour rester proches de vous, garder douceur et chaleur. Emmitouflés sans vous oublier, tous sous la couverture à chuchoter.
(Vermeer)
18 octobre 2009
Densité en forme de plumes de paon

15 octobre 2009
Coeur de miroir

Alors qu'en Bretagne les petites filles concentrées tentent de se muer en pierre de rocher, pour elles aussi sentir l'éternité du clapotis de la mer les effleurer, longer, entourer ou submerger, sous un ciel couleur de plomb et d'évasions grises, couvées par un phare en retrait...

... Les chaises savourent la liberté d'être inoccupées, enfin légères, prêtes à rejoindre la danse du ciel, ses évadées belles, tentant d'ignorer derrière, juste derrière, la menace d'une lourde présence verticale, faussement rêveuse, toujours encline à s'afaisser.

Souvent les chaises envient les miroirs comme celui-ci abandonné sur le sol, au pied d'un pilier : eux n'ont rien à porter, ne grincent jamais, jamais ne gémissent. Juste, ils sont. Et se moquent de ce qu'ils renvoient en reflet. Jeune femme, jeune photographe, tu auras beau le regarder, t'y mirer, l'utiliser pour tes mises en abyme, jamais tu ne vaincras leur impassibilité. Les miroirs réfléchissent sans réflexion, calmes, sans besoin, sans désir de liberté, sans fardeau, froids comme la pierre des rochers en Bretagne.
Les miroirs ont un coeur de fillette au désir minéral.
(Photographies de Florence Henri)
13 octobre 2009
Imago

Mais enfin que faisons-nous tous rue de Courcelles
dans l'atelier de Van Dongen
en compagnie de BB
et de son portrait
alors qu'on ne s'appelle pas Izis
et que bien des années ont passé ?
Allons allons sortez de chez vous, bande d'indiscrets.
12 octobre 2009
Retour du Mans
Le salon La 25ième heure du livre du Mans : j'en reviens épuisée mais très bon salon. Libraires et bénévoles adorables, délicieux cake au carambar, et un monde fou, qui ne fait pas que passer. Merci à vous tous, petits et grands. J'ai pu constater combien Confidences entre filles vous attirait (toute la pile est partie en quelques heures !), ainsi que Le maillot de bain. Les autres bouquins ont connu un succès également très honorable, dont bien sûr le livre pour lequel on m'a invitée : Les copains, le soleil et Nabila. Les autres auteurs avaient l'air très contents aussi.
J'ai eu le plaisir de revoir deux de mes complices du prix ados de Rennes : Pascale Maret et Fabrice Colin (Fabrice, pas pu te dire au revoir, désolée, mais tu étais collé au micro d'un lycéen, je ne voulais pas te déranger et j'avais un train à prendre !). Merci Pascale pour avoir tenu compagnie à l'étrangère que j'étais en ce lieu, surtout le samedi soir, qui fut assez cocasse, il faut bien le dire.
Concernant le prix Domoitou :
C'est le livre de Jean-Marie Defossez qui a remporté la palme, avec Pour tout l'or du monde.
Si l'effet prix, ainsi que les rencontres dans les classes la veille ont drainé du monde à notre stand durant le salon, beaucoup de choses sont à revoir concernant l'organisation. Mais l'association ainsi que les journalistes de Ouest France ont l'air d'avoir bien pris note de nos remarques, et on peut espérer de meilleures années. Heureusement que Béatrice Hammer (l'auteure de Superchouchoute) était là ! Bons moments avec elle, surtout à l'auberge des sept plats (miam). J'ai pu faire également la connaissance de la charmante Françoise Grard. Pas vraiment eu l'occasion de discuter avec les deux autres auteurs.
Globalement bon week-end, et puis Le Vieux Mans, c'est vraiment magnifique.
Bonheur aussi de revoir Paris, même si ce ne fut que pour passer. Moi, il me suffit du métro, y voir des filles aux cheveux bleus ou des amoureux qui s'embrassent au gré des mouvements du wagon...
07 octobre 2009
Le Mans des steppes
Il y a des coups de fil qui réconfortent, et cette fois-ci ce fut l'une de mes éditrices pour m'annoncer qu'elle a lu ce pour quoi je travaille depuis deux mois et des poussières : elle a beaucoup aimé, et j'adore comme elle l'a dit ! Ouf. Je peux donc continuer. Sur un projet de longue haleine, c'est bon d'être rassuré à chaque étape, et la première est primordiale : elle donne le ton. Bon de se sentir sur la même longueur d'ondes que ceux qui vont porter les livres avec moi. Enfin, si tout se passe comme prévu, ce dont je doute toujours parce que je connais bien, même un peu trop à mon goût, les aléas de l'édition. Je croise les doigts, comme on dit et ne fait jamais.
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Sinon dès demain je serai de retour là-haut. Après Rennes, Le Mans, et c'est toujours pour un prix (seulement finaliste pour l'instant, mais quand même). Ca c'est drôle : visiblement mes livres plaisent beaucoup aux Bretons et voisins (parce que Le Mans c'est plutôt Pays de La Loire, il me semble). Il va vraiment falloir qu'un de ces jours je prenne le temps de visiter pour de bon ces régions qui me font du pied, et que j'ai très envie de mieux connaître. Pour l'instant la grande question, mais si, est de savoir si je mets du chaud ou du froid dans mon sac. La dernière fois, je me suis bien fait avoir. Si quelqu'un peut m'éclairer sur pull ou pas (voire veste ou manteau ? Non !), ce serait gentil.
Ce sera donc là, tout le week-end (vous me trouverez au stand du prix Dimoitou) :



