03 décembre 2009
Rumeur

Il existerait des vagues sans mer.
Des naufrages sans rives.
Des volcans invisibles.
Un amour sans toi.
Im-posture
L'univers se décentuple. 
Parfois je traverse les cloisons de mondes censés fasciner.
Mais certains miroirs sont sans tain. Les noms sur les couvertures ne correspondent à rien. Les images de ce que l'on serait sont inanimées. Les mots jamais ne nous ont appartenu. Difficile de se les rapporter. Livres et médias, univers crevés.
Pourtant c'est une spirale de la lutte. Incessante, puisque j'habite deux réalités. Des ancres mouvantes mais solides lient solitude et création au commerce des semblables. Besoin de l'un pour cultiver les autres. Besoin des autres pour faire survivre l'un. Besoin des uns pour sortir des autres (et versa-vice).
Lucidité des ondes où l'on nage par moments : la fascination a dégringolé avec la simplicité des portes ouvertes mais aussi quelques sourires grimaçants. Peu à peu, la lumière est entrée par des meurtrières imprévues, écoutilles d'abord silencieuses car ouvertes en eaux profondes. Je suis remontée, lestant la méfiance, les horizons des mondes se sont alignés et écoutilles devenues fenêtres laissent voir le véritable éclat de vos regards, plongés dans l'imaginaire des mots couchés.
Et j'aime ce milieu vu sans les ombres d'algues déformantes. Au fil du temps il n'est plus besoin d'éloigner ceux qui nous paraissent faux. Ils ne s'approchent plus, et nous avons compris combien ils nous sont inutiles.
Et que meure toute fascination.
(Tableau de Renard de Saint-André)
Histoire de lames


La semaine dernière à Orsay le parquet raboté ressurgit dans la réalité. Avec lui, d'autres panneaux entiers de ce qui tapissait notre univers d'alors, parallèle et central tout à la fois, monde intime et doux où nos paysages changeaient de nom au fur et à mesure des voyages, où l'horizontalité de vos vies se changeait en envol-psyché, où enfin une vérité essentielle passait, s'introduisait dans la complexité d'un monde qu'au fond nous habitons forcés. C'était encore un autre lieu, encore un autre, entre les lames de nos strates multiples, c'était un lieu empli de mots-regards, alors que nous rabotions le réel. Les copeaux avaient une forme de pied-de-nez.
01 décembre 2009
Ce lieu
Il s'agit d'un lieu où les corps pourraient se parler s'ils étaient deux. Je vis trois vies, peut-être quatre, voire cent. Dans chacune vous vous insinuez, car j'ignore comment vous fermer ma pensée.
J'écoute les autres femmes, et je ne comprends pas celles qui parlent, écrivent. Leur érotisme m'est étranger. Elles l'illustrent d'images laides, plates, froides. D'ailleurs souvent en noir et blanc, blanc cru, mononoir. Je ne sais pas, je ne sais pas, où vous retrouvez-vous là-dedans ? Les femmes que l'on me propose sont loin de moi. Les mots de celles qui les exhibent, lointains. J'écoute plus attentivement celles qui se taisent.
J'écoute ce qui est tu.
J'écoute aussi ce qui est vous. Qui n'êtes pas femme.
Vous me parlez d'un autre pays. Pourtant c'est le même paysage que nous décrivons sans cesse au fil de nos conversations. Parfois les nuages s'arrêtent de filer, juste pour nous laisser le temps de réaliser à quel point nos voyages sont semblables. Il y a juste ce bord que vous regardez, désespérément stable, désespérément stable. Ce bord que vous regardez, dénouant un maillon, puis votre regard, c'est pour ta liberté, pas besoin, calmement, tendant mécaniquement une main qui me pousse au-delà. Toujours innocent, je n'ai même pas crié. Et voici ce pays où les lignes se tordent jusqu'au point de rupture sans jamais se briser. Une frontière entre nous : ce bord que vous regardez. Je suis un roseau sous le vent. Vous êtes un roseau sans vent.
Je pourrais dire comme les autres femmes : dites-moi ceci, dites-moi cela, pourquoi ne me montrez-vous pas combien j'existe pour vous, pourquoi ne me tendez-vous pas un miroir joli ? Mais je discerne sous ces besoins tout ce qui me les a donnés. Je discerne les images laides et les mots plats. Le stéréopoids des publitypes. Ainsi que les contes de fées.
Alors mieux vaut se taire, et tendre les regards, tendres les gestes, tendre la main, peut-être un jour effleurerez-vous mes doigts.
(Degas)
30 novembre 2009
Vers le vert

Rêve colossal

Massivement rêveuse, la distance nue de la grande baigneuse de Picasso.
Et puis ces derniers jours :
foule des oeillets rose pâle, très petits couleurs couleurs Montreuil (grand monde, grand dieu, et merci au monde ?)
traces de pinceaux meulespommespie une lettre inattendue, très belle, très encourageante, de G.B., oui, elle-même
La générosité des mails de J et Z dorures et illuminations Un super plan B ! (mille mercis Béatrice et Pascale)
La grande Magie Away we go-In the loop un petit garçon nommé Owen (troublée, j'écoutais sa voix)
Une poupée à la fraise Tagada Pas vu la moitié des gens, même pas leur quart train cependant
derrière l'horloge à l'envers (dans quel sens va le temps ?) attenteattenteattente oeuvres
soleil puis pluie le serpent du métro crêpes au grand marnier bonnets et chapeaux
ainsi que la duchesse de Guermantes
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25 novembre 2009
Réalité positive de la chute

"Dehors tu te reconnais
parce que rien, là, ne t’a réfléchi "
23 novembre 2009
Une maman des poissons touchée par la grâce
Cette édition 2009 fut... for-mi-da-ble.
Voilà ce qui arrive quand les organisateurs font preuve d'une grande intelligence, d'une grande écoute, pour tirer parti des remarques concernant les années précédentes (oui, Jean-Luc L., je t'assure !).
Outre quelques enseignants (en réduction, quand même) qui n'ont toujours pas compris (malgré un boulot conséquent pour les informer à ce sujet), qu'il valait mieux lire au moins un livre d'un auteur avant de le recevoir, tout était parfait, il m'a semblé.
Nous avons passé des moments drôles, émouvants, riches !
Le café des auteurs : belle réussite. (ouf). Cinquante personnes présentes dont une vingtaine qui ont parlé du livre qui a marqué leur enfance. Bravo et merci aux trois enfants qui ont eu le courage de se lancer aussi. Des moments magiques... Et comme je l'espérais, un vrai partage.
Un grand merci à Joëlle et aux jeunes étudiantes qui nous ont beaucoup aidés pour l'installation de la salle et de la sono.
Un salon du livre avec une affluence croissante : l'événement commence à s'installer, être connu, reconnu.
Toujours des expositions, des ateliers, des spectacles. Pour ma part je retiens l'expo très drôle et poétique de Gérard Garcia, la très belle expo des dessins de François Vincent et le charisme épatant de la conteuse Catherine Zarcate. Hélas pas pu voir, mais mes enfants ont adoré Flavia avec sa Lili (qui nous charma le samedi soir).
Et l'immense plaisir de retrouver Stéphanie Joire (qui enchanta petits et grands par sa gaieté lumineuse !), Maryse Lamigeon et François Vincent, Jo Witek... Et de vraies belles rencontres, avec notamment Jean et Zad, Philippe Barbeau, Marie sellier, le grand parrain Thomas Scotto, Vincent Wagner...
Ambiance douce et conviviale avec tous les autres (Nancy Ribard, Jean-Marcel Erre, Sylvaine Jenny, Frédéric Cartier-Lange).
Tout le monde rayonnait le dimanche soir, même très fatigués. Même les libraires !
Bon, comme me disait Hélène, ça fait un peu pays des bisounours, mais c'est vrai, c'était aussi bien que ça ! Et puis, si vous ne me croyez pas, z'aurez qu'à venir l'an prochain pour vérifier.
(Bien sûr, un grand merci aussi à Françoise, présidente de l'événement, Hélène, Elian, Martha, Elsa, désolée si j'en oublie, merci aux crêpes au chocolat, et bien sûr, à tous les enfants présents !)
19 novembre 2009
Madeleine au bois d'amour
Petit moment de partage et de fantaisie

Enfants, ados, adultes, venez ! Et partageons les émotions que nous ont procuré les livres qu'on a aimés enfant.
Et bien sûr, consultez le programme de La maman des poissons.

16 novembre 2009
Voir le blanc

12 novembre 2009
Aubagne

11 novembre 2009
Alfredo et Violetta
La Traviata, Verdi. Film de Zeffirelli. Placido Domingo and Teresa Stratas.
Et La Callas, avec Di Stefano :
Ce qui ne s'atténue pas
Toutes mes pensées vont vers ceux qu'il aimait, ceux qui l'aimaient.
C'est peut-être pour eux que ma tristesse est plus profonde que je ne l'aurais crue. C'est une tristesse aussi causée par l'absurdité, et la brutalité du sort. Et je crois que son image, dans mon esprit, a toujours été incluse dans cette petite famille que nous formons, les auteurs jeunesse du sud de la France. Il était "une figure" que nous étions nombreux à admirer, à prendre comme modèle à suivre. Oui, possible de réussir quand on n'habite pas à Paris ! Il représentait un peu ça, parmi beaucoup d'autres choses. Un vide est creusé. Une image a disparu. Un sourire en moins. Et combien de livres ?
Rien ne peut expliquer cela.
10 novembre 2009
Disparition
Un peu sous le choc. Je l'ai souvent croisé sur des salons, sans jamais avoir eu le temps de lui parler vraiment. Il faudrait toujours prendre le temps de parler aux gens. Sa gentillesse était légendaire dans le milieu de la littérature jeunesse. Et son talent unanimement reconnu...
Pierre Bottero est mort avant-hier suite à un accident de moto.

